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Présentation

  • : Le blog d'un Picard en Luberon
  • : Le blog du grand!!!Cela fait maintenant 14 ans que vous me lisez assidûment et je vous en remercie. Mon but est de faire profiter mes amis des bons moments que je passe en Provence et dans mon activité de Maire,entouré d'une si belle nature ainsi que la rencontre d'amitiés très fortes.Vous avez droit à tous mes états d'âme sur mes lectures , spectacles expos,rencontres. Enfin tout ce que je pense!!!!!Mais avec humour,dérision et poésie.Ce blog a été créé pour donner de mes nouvelles à tous mes amis et tous mes patients de Picardie auxquels je reste très attaché et qui me le rendent bien en m'envoyant régulièrement des mots doux. De nouveaux articles paraissent très régulièrement.Il y en a maintenant plus de 1500. INSCRIVEZ VOUS A LA NEWSLETTER en donnant votre adresse mail à gauche du blog pour être prévenu automatiquement et de façon anonyme de la parution d'un nouvel article .Pour consulter tous les articles , cliquez sur "liste complète " à droite mais vous pouvez rechercher un sujet particulier dans la rubrique"rechercher"(à gauche) Pour voir les albums de photos à droite cliquez dessus et agrandissez les photos.
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Avant-propos

Les grincheux ,sectaires, conventionnels et intolérants n'ont pas accès à ce blog.
J'essaie en effet d'y retrouver l'amitié, la tolérance , la dérision , la confidence ,la poésie et l'amour de la nature.

Ceux qui m'acceptent tel que je suis sont les bienvenus.       

Voici des fruits , des fleurs , des feuilles et des branches,
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous ,
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux
                                                    Paul Verlaine

 

8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 08:58

Je comprend toutes les orientations individuelles de chacun,que ce soit le libéralisme ,le socialisme ou l'écologie s'il y a une intelligence ,s'il n'y a pas de sectarisme mais surtout si on n'oublie pas l'humain dans la bataille.Et c'est le grand reproche que je fais à notre société du "chacun sa merde" que j'entend trop souvent ça et là.

Notre pays avait comme tradition un modèle social historique qui a fait la spécificité de la France,avec l'inventivité et la culture qui venait s'ajouter aux grands projets industriels : le TGV,Airbus,les voitures (Peugeot n'a t-il pas été en avance à une certaine époque),les autoroutes.......

Malheureusement,nous vivons dans la mondialisation et notre modèle est petit à petit en train de voler en éclat.

Je ne parle pas de la sécu ou il y a indiscutablement du gaspillage,de cette sécu généralisée qui a fait tomber Obama,de cette sécu décriée aussi par ceux qui l'utilisent à tour de bras en vieillissant(comme moi en ce moment).

Je ne parle pas non plus de la retraite,trop faible pour les uns mais aussi vilipendée par ceux qui en profitent par leur très grosse retraite issue des trente glorieuses et "cotisée" en partie par les entreprises (ce qui n'est pas le cas des libéraux qui paient la part salariale+la part patronale pour n'obtenir qu'une retraite modeste).

Je ne parle pas des aides sociales qui ne distribuent que 700€ aux bénéficiaires du RSA!!!!!(comment peut-on vivre avec 700€ ?? pourquoi pas 1000 avec un service civique dans les collectivités ce qui remettrait en route une socialisation.

Je ne parle pas des services publics qui,par souci d'économie,volent en éclat les uns après les autres:la Poste,les trésoreries publiques,les hôpitaux,regroupement des gendarmeries....la liste s'allonge sans cesse.

Non ,je parle d'une chose très précise qui me choque:chaque humain,chaque action,chaque entreprise bien entendu,chaque service,chaque objet,chaque fruit,chaque légume,chaque exposition,chaque mouvement associatif,chaque manifestation culturelle,enfin  tout est devenu maintenant chiffrés et évalués en euros ou en dollars,même les idées sont maintenant "eurotisées".La "personne " a disparu au profit de son évaluation.

Aux USA on ne dit plus : "Bonjour,comment vas-tu ?" mais "bonjour,combien tu gagnes ? ou combien tu pèses ?"

Ceci est un constat et débouche sur une observation: l'économie domine le monde et le politique n'a plus aucune influence sur le cours de l'évolution des pays et des hommes.Il lui reste à gérer les gaspillages mais comme les politiques sont des hommes avec toutes leurs faiblesses,ils mettent souvent la main dans le pot de confiture,car ils en ont fait un véritable métier.

Où sont les grandes idées républicaines,qu'est devenue la période où la pensée culturelle était dominante et où l'économie suivait ,où les politiques traçaient un sillon devenu une ligne directrice.... non,maintenant les politiques sont à la remorque de l'économie et n'ont plus qu'à gérer les miettes.

N'oublions pas qu'il n'y a pas que des producteurs et des consommateurs,il y a aussi des services à la personne,mais aussi des bénévoles dont la générosité n'est pas quantifiable en euros.

Je suis bien entendu un fervent défenseur de la facilité de la création d'entreprise,car c'est elle qui crée de l'emploi et  je suis aussi un défenseur ardent de la formation professionnelle lâchement abandonnée par les politiques,mais quand tout devient absurde ,quand tout devient monnayable,quand le libéralisme devient fou,quand l'argent est devenu roi,et bien les sentiments,la générosité,la tolérance disparaissent sous les coups de boutoir du "tout économique".

Quand l'état baisse trop,les" chapelles " montent et la principale est bien entendu l'économie.(en dehors des religions mais aussi des sectes politiques)

Alors il faut trouver une juste milieu avec un état présent sans être trop fort et une économie brillante et libre sans être dominante.C'est sans doute là pour moi l'équilibre idéal,mais faudrait-il encore que nos politiques ,quels qu'ils soient,aient des c...... !!!!!!  de l'imagination et de la culture sans oublier l'histoire.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 17:00

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La lecture d'un article récent sur le bénévolat vient de renforcer mes idées sur cette activité si importante à mes yeux et si enrichissante par la relation humaine qu'elle entraîne.

Il y a en France 14 millions de bénévoles .Quatorze millions !!! le bénévolat est en hausse de 14% par an;cela m'impressionne car j'avais plutôt l'impression de vivre dans une société tirée vers l'égoïsme.

Il y a donc ces bénévoles qui font partie d'une association mais il y a 20 millions de personnes qui ont "des interventions bénévoles" de plus de 15 ans,ce qui représente 40% de la population.

La plupart des gens ne parlent pas de bénévolat mais disent simplement "donner un coup de mains".

Alors quel est le parcours et quelle est la motivation du bénévole ?

-54% ont le souci d'être utiles

-39% veulent donner leur temps

-35% ,être acteurs de la société

et seulement 13% se comportent comme des militants et enfin 3% ont la sensation d'être des bonne poires.

40% des bénévoles déclarent ne pas avoir besoin de signes de reconnaissance pour leur engagement.

Alors quel est le facteur déclenchant ? et bien c'est avant tout le besoin d'activités mais aussi la sollicitation d'amis et la tradition familiale qui reste très importante.

Les motivations qui sont des "ressorts d'engagement" sont avant tout le sentiment de se rendre utile à la société,l'épanouissemnt personnel,le souhait d'appartenir à une équipe (en particulier dans le bénévolat sportif) et vient enfin l'acquisition d'une compétence dans 19% des cas ,le désir d'exercer des responsabilités pour 22% des cas.

L'engagement dans une association n'attend pas le nombre des années.Les premiers pas du bénévole arrivent souvent soit vers 18 ans soit après 60 ans.Les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes.

Le bénévole doit avoir une mission bien définie avec des objectifs précis.Il réclame une très grande organisation et la pagaille est souvent un motif d'abandon.Ils réclament écoute et reconnaissance.

Le bénévolat est une source d'épanouissement personnel ,d'ouverture d'esprit et cela permet de donner du sens à sa vie.Il ne renonce pas pour autant à ses autres activités.

Après toutes ces indications,parlons des valeurs du bénévole .La première qui vient à l'esprit et qui m'est chère est la tolérance car le bénévole est souvent déphasé et n'exerce pas forcément dans la même structure sociale que la sienne:je pense aux "Restos du Coeur "mais aussi aux accueillants de "Médecins du Monde".

L'individualisme apparaît souvent comme une menace sur le vivre ensemble et ce contexte du "chacun pour soi" est accentué par la crise .C'est là que les mots "SOLIDARITE" et "PARTAGE" prennent toutes leurs valeurs et ces mots sont de véritables moteurs pour le bénévole.

Ce qui est important aussi chez le bénévole est la "CONFIANCE" :confiance envers les autres bénévoles mais aussi envers les bénéficiaires.Mais la confiance envers l'avenir est aussi une notion souvent rencontrée.

Toutes ces notions font souvent que,en dehors des conflits et prises de bec internes(vous en connaissez tous),le bénévole est quelqu'un qui est plus optimiste et plus heureux que la moyenne des Français  car la notion de "faire le bien" rend toujours heureux.(ouf !!)

Je termine en vous donnant le lien vers mon article sur "Le bénévolus activus" qui vous fera sourire et dans lequel beaucoup se reconnaîtront. (faites un copier coller sur votre navigateur)

http://alain.sage.over-blog.com/article-11564756.html

 

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 08:14

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J'ai écouté hier notre ministre de l'éducation nationale,Najat Vallaud Belkacem NVB),dans l'émission "on n'est pas couché" de Laurent Ruquier que je regarde toujours en streaming.C'est une émission que j'aime bien regarder (avec "ce soir ou jamais " de Frédéric Taddéï) car ,contrairement aux divers talk show du PAF,dans ces émissions,les invités ont le temps de parler et le journaliste ne recherche pas que le Buzz mais il y a aussi une réflexion sur le fond.

Qu'ai-je retenu hier soir ?

Et bien tout d'abord ces 2 choses très importantes:

1- on enseignera l'égalité homme femme dans les écoles et c'est une très bonne chose car ,bien entendu,les femmes sont largement aussi intelligentes que les femmes (qui a dit que je souriais ??? non,je ne flatte pas car je le pense vraiment) et il y a tant de différences de salaires à poste égal,tant de différences d'accès à des postes importants en privé ou en politique,il y a tant de condescendance des hommes vis à vis des femmes,tant de machisme mal placé que ,à mon avis,enseigner aux petits écoliers l'égalité est une bonne chose pour que cela change pour les futures générations.(pour nous et pour MOI,c'est foutu!!)

2- que la théorie du genre ne sera bien sûr pas enseignée,qu'apprendre la maturbation aux petits est un fantasme indécent ,et qu'un petit garçon ,ce n'est pas la même chose qu'une petite fille,mais qu'ils peuvent tous les deux prétendre à une vie égalitaire dans leur vie future.

3- car j'ai déjà fait un article là-dessus ,à la suite d'une discussion que j'ai eu au cours d'un repas,et je le maintiens: les hommes et les femmes sont différents,pas seulement par leur sexe,mais aussi par quelques spécificités incontestables:

-la femme a des chromosomes XX et l'homme XY (et c'est un point important pour expliquer les différences)

-la force physique (et on n'est plus dans une société où s'applique la loi du plus fort),la taille,le poids et même la pointure des chaussures (mdr).

-la pilosité (en dehors des femmes à barbe !!) et ceci découle de la différence chromosomique

-Il existe des différences au niveau des maladies génétiques. Du fait même que la femme ait deux exemplaires du chromosome X alors que l'homme lui n'en possède qu'un, tout gène déficient porté par le chromosome X ne peut pas être compensé chez l'homme par l'autre chromosome X, contrairement à chez la femme

-la maternité (là je suis jaloux car,quel privilège!!)

-la sécrétion hormonale:la testostérone (belliqueuse) des hommes et les oestrogènes et la progestérone qui sont aussi des régulateurs de l'humeur pour la femme.N'oubliez pas que chaque mois,la sécrétion hormonale varie en fonction des cycles et que , en partant d'une base 100 , elle varie de 20 à 200 pendant un cycle et monte à des millions pendant la grossesse avec la fameuse chute hormonale post-grossesse qui induit souvent des dépressions,et ce n'est pas un hasard,car ces hormones,les oestrogènes,sont ,je le répète,des régulateurs de l'humeur .

-bien entendu il y a ensuite une plasticité environnementale et éducative mais pourquoi nier tant de différences ??

Et j'ajoute,heureusement qu'il existe ces différences car que serions-nous,nous les hommes,sans les femmes? même en dehors de la reproduction,il nous manquerait notre alter ego,la personne avec qui l'on se complète et le monde a besoin des femmes pour apaiser la soif de pouvoir des hommes et leur domination actuellement universelle.

Bien sûr,je suis le premier à mettre en boîte les femmes ,les blondes (comme les belges avant) mais je suis toujours admiratif de l'imagination des femmes qui , à mon avis,sont bridées dans leurs innovations et leurs décisions.

Comme je suis incorrigible et taquin,je vous met quelques dessins humoristiques sur le sujet.Les intégristes peuvent-ils admettre que cela m'amuse ? pas sûr !!!!

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 20:55

Comme je suis au repos forcé,j'ai avalé aujourd'hui le dernier livre de Beigbeder,"Oona et Salinger".

J'avais lu ,en son temps, le best seller de Frédéric Beigbeder , "99 francs",très particulier mais qui m'avait interpellé.J'ai ensuite lu "Windows on the worl " puis bien entendu "Un roman français" prix Renaudot.

La première partie de "Oona et Salinger" est intéressante mais la deuxième parti est passionnante.Pour ceux qui ne connaissent pas le genèse de ce livre je vous fais un petit résumé,les faits étant réels:

Nous sommes à NYC (USA) avant la guerre 39/45.Oona est la fille (petite et joli nymphette) d'un grand écrivain américain(O'Neill) ;elle vit à New York une vie facile mais sérieuse ,abandonnée par ses parents mais assez riche,pour être tous les soirs avec ses copines dans un cabaret,alors qu'elle n'a que 15 ans.Truman Capote fait partie de la bande (il publiera "De sang froid",son seul livre connu)

Salinger qui deviendra un très grand écrivain américain plus tard mais qui n'a que 25 ans et est encore inconnu est amoureux d'Oona.Il l'a dans la peau avec un amour non consommé.

Cet amour est relaté dans la première partie mais ce qui est passionnant c'est que Salinger,caractère triste et malheureux,est dépité par la vie d'Oona.Il s'engagera pour partir à la guerre,débarquera en Normandie,fera partie des soldats qui ont libéré le camps de concentration de Dachau et participera à la libération totale de la France mais aussi de l'Allemagne.Il continue d'écrire à Oona pendant toute cette période car elle reste sa muse,et pendant ce temps là celle-ci rencontrera Charlie Chaplin,l'épousera et en aura 8 enfants.

Les deux récits de leur vie se superposent dans le livre et je dois dire que les passages sur la guerre sont magnifiquement décrits.La condition du soldat de base qu'était Salinger sont d'un réalisme fascinant,tant pendant le débarquement,que quand il découvre le camp de concentration.C'est un reportage,caméra sur le casque,avec en plus les états d'âme de Salinger.

Extraits philosophiques de sa pensée de la guerre:"La guerre est une situation étrange.Un pays en attaque un autre par surprise.Il le massacre au lance-flammes,pille ses richesse et s'installe dans ses maisons.Un autre pays arrive à la rescousse.Survient alors la situation étrange dont je te parle (Salinger écrit à Oona):Jim mitraille Hans qui lacère Bob lequel éventre Kurt.Ces quatre jeunes gens ne se connaissent pas.Peu-être que,s'ils avaient été présentés dans un salon,ils se seraient appréciés et auraient bu des bières ensembles.Mais cela n'a pas été possible : ils se coupent les bras et ne s'en remettront pas.Même s'ils survivent à leurs blessures physiques,ils ne penseront jamais plus à autre chose qu'à ce jour là.Sans parler des petits-enfants de Jim,Hans,Bob et Kurt". C'est cela aussi l'absurdité de la guerre.

J'ai eu l'impression de lire un reportage sur les pensées d'un "débarquant" de 44 avec toute la crudité de la guerre,ses atrocités et la fragilité psychologique qui en suivra chez ceux qui l'ont fait.Car leur angoisse ne disparaitra jamais et Salinger restera reclus jusqu'à sa mort dans une maison dans la forêt en écrivant.Le passage sur la découverte du camp est impressionante et poignante.

Quand à Charlot et Oona (la maman de Géraldine Chaplin)on voit leur vie qui passe à côté de la guerre,sans doute en détournant le regard.

Je me suis mis de ce fait à lire "L'attrape-coeurs" et les "Nouvelles "de Salinger ainsi que le roman de Truman Capote.

J'ai cherché aussi sur Youtube à voir Oona et Chalot.Voici le lien pour ceux que cela intéresse:

<iframe width="420" height="315" src="//www.youtube.com/embed/comtYS3eQwg" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

Je termine en vous montrant un petit essai de film d'Oona qui ne fera pas carrière mais qui deviendra une bonne mère de famille par la suite et qui mourra alcoolique à 66 ans.

 

                                                             
Vous verrez le visage de Salinger dans la vidéo ci-dessous.Il n'y a aucune photo d'Oona et Salinger ensemble.Il n'y a que des lettres.....
Pourquoi ce livre de Beigbeder me direz-vous ? et bien la fille d'un écrivain célèbre,flirtant à 15 ans avec un futur grand écrivain et héros de la guerre et se mariant ensuite à Charlie Chaplin était effectivement un bon sujet.Tout y est:l'amour,la mort,et bien entendu un peu de Beigbeder (ce qui énervera ses détracteurs)

 

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 14:12

A mon corps défendant,je viens de passer 5 jours en milieu hospitalier,un grand hôpital marseillais renommé et dans un service de pointe. Une journée en hôpital de jour,puis deux jours en externe pour passer divers examens puis une hospitalisation de deux jours,avec intervention chirurgicale.En dehors des médecins , personne ne savait que j'étais moi-même médecin et je me suis bien gardé de le dire.J'ai pu ainsi regarder et écouter.

Il y a tant de choses à dire,pas seulement des critiques d'ailleurs,car globalement le système est bien huilé de l'intérieur,chaque personne ayant un poste et une tâche bien déterminés avec bien entendu des aide-soignantes ou des infirmières grincheuses mais également de très chouettes.On le voit tout de suite , dès qu'elles rentrent dans la chambre,soit avec le sourire avenant soit avec une mine crispée qui fait comprendre instantanément qu'elle fait son job mais qu'il ne faut pas lui demander quoi que ce soit en plus. Tout ceci je l'avais déjà connu lors de mon accident de moto,en réanimation où seules,deux personnes m'avaient un peu choyé :une mémé marocaine et une jeune sénégalaise.Car faire la toilette de quelqu'un qui est fracturé de partout demande de la considération et rien que de la considération.

Le hic,dans un hôpital bien huilé,avec des employés aux caractères différents qui ne sont que le reflet de ceux de la société,le hic je disais donc,c'est qu'il y a des malades,toutes sortes de malades:des vieux,des jeunes,des plaintifs,des incohérents,des alcoolo sevrés,des maniaques du rangement,des hommes,des femmes,des grands,des petits,des chiants,des racistes (extrait de ce que j'ai entendu:"mon pauvre monsieur,vous avez vu,ils font passer les étrangers avant nous")des gueulards,des peureux(et on peut les comprendre) des impatients,etc..etc.. enfin la diversité qui peuple notre planète.

Je me suis contenté seulement d'observer et d'écouter les malades.

Parlons tout d'abord des attentes interminables:3 heures dans une salle d'attente lundi,2h1/2 mardi et 2 h encore mercredi.On voit alors tout un panel de caractères : ceux qui engagent la conversation en essayant de savoir quelle est votre maladie,ceux qui comptent les minutes de retard,ceux qui se racontent ,ceux qui ne disent ni bonjour ni au revoir,ceux qui font un cours de médecine,ceux qui critiquent mais aussi ceux qui glorifient le chirurgien,ceux qui essaient de passer avant les autres en prétextant un train à prendre,ceux qui accompagnent leur parent avec amour,bref,la salle d'attente est à elle seule une petite société.

Deux heures d'attente avant d'entrer dans le bloc opératoire , entouré de malades surprenants,soit incohérents dans leur propos,soit me racontant toute leur misère de A à Z plus ceux de leur famille,guettant leur tour avec impatience ... et mécontentement quand quelqu'un passe devant eux (même si ce n'est pas pour le même chirurgien) Et puis il y a ce petit vieux qui me fait de la peine et qui parle seul et fort,qui dit être là depuis 4 heures (je suis arrivé après lui et parti dans le bloc avant lui) essayant de maîtriser son envie de pisser (pas de toilettes , pas de pistolet pour uriner dans le sas d'un avant bloc tout neuf!!!) et puis un nouveau voisin arrive ,me racontant comment il s'est fait couper la main,avec tous les détails à la seconde près(ah,cet électro-aimant !!),puis qui m'a fait part de son angoisse:"pourrais-je retravailler un jour ? "; touchant et même poignant.

Arrive ensuite une jeune dame "étrangère" comme certains l'insinuaient mais qui,à la discussion était une bonne Marseillaise bien sympa,mais traumatisée dans sa chair mais aussi dans sa tête avec la peur au ventre.

Alors bien entendu,bavard comme je suis avec tout le monde j'ai essayé de rassurer,de compatir, d'écouter. jusqu'à ce que l'anesthésiste vienne en me disant à voix haute :" Docteur,c'est à vous" et j'ai pu voir de l'étonnement dans le regard des autres,comme s'ils se disaient:" un médecin malade,c'est douteux??"

Il y enfin le co-chambré (cela m'amuse car je vais le chambrer un peu) un ancien militaire ,ancien pompier,qui m'a raconté ses misères,celles de toute sa famille, son petit job Corse peu payé qu'il cumulait avec sa retraite militaire,mais qui m'a surtout expliqué tous les rouages de l'hôpital,qui m'a fait une véritable leçon de médecine,de brancard,de pansement,de fonctionnement d'un hôpital avant d'avoir l'air interloqué quand l'interne est venu me voir en me disant:"Docteur vous sortez ce midi".

Je ne tire aucune gloriole à vous raconter cela,mais j'ai été amusé.C'est un plongeon dans les ténèbres de la maladie et de la souffrance ,un plongeon anonyme qui m'a permis de voir l'envers du décor,côté malade, comme je l'avais vu lors de mon accident de moto,mais que je n'avais pas remarqué me concentrant exclusivement sur ma remontée à la surface.

J'aurai bien d'autres choses à raconter sur la vie à l'hôpital,sur les soignants,et surtout sur l'organisation.Car si les soins sont très bons,si les chirurgiens et les anesthésistes sont très professionnels et pointus,comment se fait-il,dirai-je avec humour,que lors du dîner d'hier soir, mon voisin ait eu un yaourt et moi pas ????

 

C'est le temps passé dans les salles d'attente qui fait des malades ....des patients.

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 21:36

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Ne me parlez pas de la santé:c'est une vraie "salope",comme aurait François Morel à propos du bonheur.

C'est une ennemie qui se cache,une dissimulatrice qui ne joue pas carte sur table,une véritable manipulatrice qui se cache et qui sort de chez vous sans votre autorisation.

La santé est un véritable artifice et un maquillage permanent.Pourquoi ne naît-on pas malade pour finir en bonne santé ? on s'habituerai et surtout on vivrait avec espoir,l'espoir de retrouver celle qui se cache en vieillissant,celle qui fait défaut aussi bien aux enfants qu'aux vieiliards,celle à qui on porte un toast entre amis,en famille,celle que l'on souhaite à toutes et à tous le jour de l'an,celle qui s'effrite qoi qu'il arrive et qui déserte les hôpitaux,celle qui permet de faire du sport,de faire vibrer le corps mais aussi l'esprit,bref celle qu'on envie toujours au voisin bref celle qui est notre meilleure amie.

C'est elle que j'ai essayé de retrouver chez tous mes patients alors qu'elle était cachée au fond du lit,cachée dans le sac de médicaments,cachée derrière la prise de sang ou le scanner.

Cette sacrée santé n'a aucune reconnaissance pour ceux qui ne fument pas , qui ne boivent pas,qui sont sportifs et qui mangent sainement ; non, elle cède à n'importe quel petit virus rabougri comme Ebola,elle cède aussi sous le poids des ans et laisse se développer les rides et l'arthrose,quelle ingratitude !!

"Tant qu'on a la santé " est sans doute un des dictons le plus connu ,oui,surtout des malades qui l'ont perdu et qui ne la retrouve pas.Car ,autant elle se laisse quelques fois reconquérir comme une amoureuse transie,autant elle peut se consummer comme une cigarette mal éteinte pour finir dans la cendre et la poussière.

Car elle a ses têtes ,la santé et vous avez intérêt à être copain avec elle car elle a un ennemi elle aussi qu'elle laisse cheminer dans les corps,doucement,sans bruit,quelques fois sans véritable lutte ,sans prévenir,pour surgir comme un coup de massue :je veux bien sûr parler de la maladie.

J'ai souvent assisté à la rencontre de la santé et de la maladie et j'ai trouvé la santé bien faible,capitulant pour un oui pour un non devant l'agressivité toute naturelle de la maladie.Elle la laisse faire ,elle la laisse s'installer dans les cellules (aussi faibles que les cellules du Parti Communiste en 2014,mdr),elle coule dans le flot sanguinolant de la circulation pour laisser place à des globules malades:les rouges ne sont plus assez rouges et les blancs deviennent bien pâles,elle disparaît même dans l'esprit et les tentacules des neurones pour laisser place à la dépression,elle cède sous le poids d'une manifestation de cellules tueuses pour former une tumeur,bref elle est quelquefois bien faible.

Promenez-vous dans les parcs,dans les rues et regardez les visages :vous y verrez le témoin de mariage de l'Homme et de la santé;ce témoin s'appelle le sourire qui disparaît souvent quand cette satanée santé s'affaiblit.

La santé est un véritable état de grâce qui nous fait oublier que depuis notre naissance nous sommes en péril La santé c'est ce qui nous sert à ne pas mourrir chaque fois que l'on est gravement malade me direz-vous ? et oui,et comme elle ne peut s'acheter ,c'est un capital inestimable,bien mieux que n'importe quel chèque, assurance vie,palace ou que sais-je encore car comme me disait souvent une copine:"on n'a jamais vu un coffre fort défiler derrière un cercueil"

J'ai vécu toute ma vie grâce à l'ennemie intime de la santé,cette maladie que j'ai côtoyé depuis mon premier stage à l'hôpital,contre qui j'ai lutté ,souvent avec succès mais aussi quelquefois avec désespoir.Je vais devoir continuer à lutter.La vie n'est-elle pas une lutte perpétuelle ????

 

La médecine est une science des pannes,celles de l'organisme humain....Mais si la médecine est un dépanneur,rien de plus , rien de moins,il est le dépanneur d'une machine dont il ne possède pas l'intégralié des plans

 

 

 

 

 

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 17:13

Je suis toujours frappé par les certitudes des uns et des autres.Ces gens là doivent être particulièrement heureux puisqu'ils ne se posent aucune question et qu'ils sont persuadés d'avoir toujours raison.

Mais la vie est souvent plus compliquée que l'on se l'imagine et,après avoir traversé le désert des certitudes de la jeunesse,la période de l'apaisement de l'adulte vient la période du doute ,cette période "du bout de la ficelle" comme je le dis souvent.

Pourquoi me direz-vous ? et bien c'est simple: il y a deux questions importantes qui se posent à l'esprit tourmenté:la première est:ai-je bien tout fait ou n'ai-je rien raté ? et la deuxième est:où vais-je ?

Et ce sont ces deux questions qui introduisent le doute.Bien entendu je ne parle là que du doute existentiel car il existe aussi le doute quotidien qui,lui, peut être pathologique quand il est permanent.

Nous sommes tous confrontés au doute mais le Médecin l'est peut être un peu plus car se planter peut entraîner des conséquences désastreuses sur le patient.Or la médecine n'est pas cartésienne comme peut l'être une machine car il y a une différence importante , c'est le cerveau que l'on ne maîtrise que très difficilement et qui "parasite" le corps en permanence.

Alors le doute est-il une qualité ou un défaut me direz-vous ? et bien je ne sais que répondre car cela dépend du sujet,cela dépend si on parle de valeur humaine ou de valeur matérielle.La relation humaine est tellement difficile et les caractères sont tellement différents qu'avant la confiance s'installent souvent les questions qui introduisent le doute.Personnellement cela va assez vite car j'accroche ou je n'accroche pas et il a été rare dans ma vie que je me trompe même si cela a pu arriver de temps en temps.Je vous ai déjà raconté que,au début de mon installation,jeune médecin voyant arriver de nouveaux malades,je savais au bout de 10 minutes si j'allais garder le patient ou pas.La sympathie,la connivence aidant , il y a alors un véritable courant qui s'installe, des ondes qui flottent dans l'atmosphère qui nous emmènent dans une relation durable.C'est d'ailleurs la même chose avec les amis .

Et puis il y a le doute personnel c'est à dire douter de soi,douter de ses qualités,et c'est souvent l'apanage de l'inexpérience quand ce n'est pas pathologique,auquel cas ce doute persistera toute la vie s'il n'est pas accompagné par un psychologue.

Mais que dire aussi des certitudes,de tous ces gens qui,en politique,en économie,sur la religion,sur la vie,sur l'immigration,sur le mariage gay ont une certitude ? je dirai:"tant mieux pour eux "car ils doivent ainsi être apaisés mais il est souvent difficile d'entamer une discussion avec ce genre d'individu car il a un problème réccurent: il n'écoute pas ,il avance comme un rouleau compresseur avec ses idées qu'il croit gravées dans le marbre et cela est pour moi difficile.

J'aime le débat mais il doit être juste avec l'écoute réciproque et ensuite chacun se fait son opinion avec ou sans doute selon l'individu.

Le contraire du doute n'est pas la confiance en soi comme on pourrait le penser car on peut avoir confiance en soi mais se poser des questions,non je pense que le contraire du doute c'est la certitude perpétuelle qui finit par agacer car sur l'humain,personne ne détient la vérité.

Pour terminer,ayant déjà fait un article il y a longtemps sur le doute mais que je trouve fort différent (là j'ai un doute !!) je retranscris quand même ma dernière phrase que longtemps après je continue d'approuver:

Si donc la vérité existe, ce qui en soi-même est douteux, elle n'est en tout cas pas accessible à la raison humaine et si certains pêchent par excès de confiance,j'avoue avoir un faible pour ceux qui doutent mais sans s'enfermer dans l'incertitude,tous ceux qui en font un moyen,une méthode ou un cheminement vers leur vérité.

Doutez,si vous voulez,de celui qui vous aime,

D'une femme ou d'un chien,mais non de l'amour même.

               Alfred de Musset

 

 

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 13:08

Je suis frappé par le nombre de fausses allégations qui circulent sur internet (Facebook compris).Avec ce nouveau mode de communication qui s'est développé depuis quelques années,on voit fleurir et paraître tout ce qu'il y a de plus bas et de plus vil ,on voit le déchaînement du racisme ,de l'extrêmisme ,de la jalousie,enfin on voit sourdre la haine de l'autre ou une volonté de ridiculiser.

Tout ceci est savamment organisé et la crédulité de ceux qui relaient les messages fait le reste.Il y a pourtant un geste simple,quand vous recevez un mail accusateur , c'est d'aller sur ce site:

http://www.hoaxbuster.com/

pour voir si vous avez affaire à un HOAX (ou d'un FAKE)ou non(c'est à dire une diffusion mensongère).

Je vous donne un exemple : tout le monde a reçu un appel au don de sang pour Noélie qui court depuis 2003 sur les mails et les réseaux sociaux.Et bien , vous allez sur Hoaxbuster,vous tappez "don du sang pour Noélie" et vous avez la réponse instantanément : "Déjà présentée sur HoaxBuster en 2003, la chaîne concernant Noélie n'a jamais quitté le top 5 des hoax en circulation. Si la petite fille en question a bien existé, elle est malheureusement décédée en juin 2004." mais les mails courent toujours.

Il en est de même avec les falsifications politiques et autres hoax que je vous met en vrac : lettre d'une mère à madame Taubira,fillette afghane violée,indemnité chômage des députés,Kouchner et la vitesse,le don de moëlle pour Lucie,la masturbation enseignée à l'école,etc..etc..; regardez les plus consultés sur le site et vous comprendrez quand vous verrez que la taxe sur le courrier électronique a été vu 578000 fois (cela n'empêche pas notre cher timbre d'augmenter de 10 centimes aujourd'hui et ça,c'est la réalité et non un hoax)

La vie en société est déjà assez compliquée alors n'ajoutons pas la haine.J'avais 22 ans en 1968 et on disait alors:"faites l'amour et pas la guerre" et,même si mai 68 a été décrié,je préfère ce slogan à celui qui pourrait dire :" dégrader l'autre plutôt que le comprendre".

Certes ,la vie n'est pas parfaite,certes il y a des profiteurs(dans toutes les catégories sociales),mais n'oublions jamais que c'est l'amalgame qui tue.  Et il est tellement facile de faire paraître de fausses informations aujourd'hui,via internet,qui n'a aucun contrôle,mais qui possède une puissance de feu incomparable.Il faut sans doute dire ce qui ne va pas mais il ne faut jamais dire de choses inexactes.Il y a 30 ans,une rumeur non fondée faisait le tour du pâté de maisons,aujourd'hui elle fait le tour de la planète.

Pour finir le vous met quelques images de "FAKE" célébres qui vous amusera et vous fera rendre compte de la facilité de diffuser de fausses images (vive photoshop)

La première,vous l'avez tous vu,Bush tenant un livre à l'envers ,et pourtant cela s'est révélé être un fake(un faux)

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Et puis,à chaque inondation ses requins (fake,bien sûr)

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Il y a aussi cette photo de l'ouragan Isaac : fake,bien entendu

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Et que dire de celle-ci d'un goût douteux ,montrant un homme au moment du 11 septembre en haut du World Trade Center ?

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Et enfin,sans doute la plus diffusée ,celle du requin qui a faim!!!que d'imagination:faux , bien entendu!!

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   Enfin il y a les fake sur youtube dont je vous montre le plus connu:

 

  

 

Alors amusons nous avec internet,je dirai même mieux ,passionnons-nous puisque la planète entière est accessible et peut être visitée en un clic mais attention avant de relayer trop rapidement .

 

 

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 16:53

Pour les plus anciens,souvenez vous: à 80% vous étiez des ados idéalistes,prêts à refaire le monde à chaque discussion.Mon père me disait souvent cette phrase que j'entend encore aujourd'hui:"la plupart des gens sont idéalistes à 18 ans,plus modérés et centristes 10 ans plus tard et terminent ensuite conservateurs

"  (Mon père n'a pas connu l'extrême droite à son apogée)

Alors pourquoi et ceci a t-il changé ?

La jeunesse aidant ,mai 68 étant passé par là,les ados rêvaient d'un monde meilleur,d'un monde idéal où "tout le monde il est beau,tout le monde il est gentil" , où l'homme et la nature était au centre des débats qui se prolongeaient tard dans la nuit.

Puis ces ados se frottaient à la dure réalité de la vie et en particulier du travail et l'idéal fondait petit à petit comme la glace du pôle nord actuellement.

Et puis ils commençaient à "posséder",à devenir propriétaire mais aussi titulaire de leur boulot et là tout changeait car la peur de perdre modifie la donne.Petit à petit s'imiscait dans leur esprit,très sournoisement,la peur de perdre leur acquis,même s'il était modeste,et l'idéal fondait comme neige au soleil.Ils étaient rentrés dans un monde différent:celui des "nantis" même si ce terme n'est pas juste.

Alors que se passe t-il aujourd'hui où cette mutation n'est plus valable ? la crise aidant,la mondialisation,le chômage chronique depuis maintenant 20 ans et qui s'accélère sont un vecteur formidable de méfiance, d'idées toutes faites,de peur de l'autre,de la peur de l'étranger,de la stigmatisation de celui qui est aidé socialement,de jalousie,de désespérance,de peur de l'avenir pour les plus jeunes,mais aussi pour les futurs retraités.Tout ceci,je le comprend,d'autant plus que ces situations deviennent de plus en plus fréquentes et diverses.Je reviens de faire mes consultations à Médecins du Monde à Marseille où j'ai consulté un Français,techicien supérieur,qui a perdu son boulot,puis sa femme puis son logement et qui s'est retrouvé rapidement à vivre dans la rue ; mais j'ai vu également un Afghan,demandeur d'asile,qui avait été torturé et qui en présenté encore les stigmates et qui vivait aussi dans la rue.On a là l'association de la pauvreté,du chômage et de la mondialisation.

Beaucoup de gens pensent que le passé c'était mieux,que le présent est moche et que l'avenir leur fait peur.Pourquoi ? notre industrie disparait peu à peu depuis près de trente ans et notre France devient sinistrée.Je connais bien les Ardennes,où a habité mon épouse et sa famille,et j'ai vu cette région "dépérir" avec la disparition d'Arthur Martin ou Electrolux,Porcher,Sommer,des fonderies très nombreuses. Aujourd'hui il n'y a plus rien,30% de chômage,toutes les maisons sont à vendre à des prix négligeables sans pour autant trouver preneur.C'est l'unique raison de la crise et n'allons pas chercher des poux das la tête des "autres " pour trouver une explication au malheur de certains Français,les plus fragiles.

Je n'ai pas de solution toute faite pour régler ces problèmes et je pense qu'il n'y en a pas pour régler la totalité des problèmes qui se dressent devant nous: le dynamisme économique nécessaire,l'aide sociale indispensable et la sécurité désirée par tous ne me semblent pas compatibles car l'homme a eu de tous temps un gros défaut : il se bat pour l'argent (même si actuellement on voit refleurir la guerre pour les "idées religieuses" mais qui est aussi financée par l'argent)

Ce que je pense,c'est que tant que le monde sera aussi divers dans son développement,tant que l'Afrique,l'Asie,l'Amérique du Sud auront des niveaux de vie très bas,suscitant des délocalisations,donnant des bras bon marché,les occidentaux , dont bien sûr la France,seront en crise et ne pourront pas développer l'économie en laissant une protection sociale efficace et juste.

Personnellement je ne suis pas pessimiste pour l'avenir de mes petits enfants car je pense que nous sommes en mutation comme nous l'avons été au moment de la création du moteur à explosion et ceci ,grâce au développement du numérique qui va tout balayé sur son passage car je pense que l'on n'a encore rien vu.J'ai assisté récemment à la démonstration d'une imprimante 3D qui crée des objets.Vous savez que cette imprimante géante peut construire des maisons et cela existe déjà.Il est probable que la connaissance de votre génome vous permettra de vivre très longtemps en bon état avec remplacement facile d'organes crées à partir de cellules souches... bref vous n'avez encore rien vu mes petits,et j'aimerai être "petite souris" dans un siècle pour regarder la vie des hommes.

Alors bien sûr,on peut être nostalgique du livre papier par rapport au livre numérique,des belle stomates par rapport aux aliments du futur,etc,etc, mais que voulez-vous,il faut s'adapter ou vivre en dehors du monde,recroquevillé sur soi,mais cela ne durera pas très longtemps car la tornade numérique mondialisée emportera tout sur son passage avec les jeunes qui nous poussent.N'oubliez pas ce chiffre :164,c'est le nombre moyen de fois qu'un jeune regarde son smartphone par jour : tout est dit et irréversible.

Alors faîtes comme moi,regardez la nature,les couchers de soleil,cultivez votre jardin,riez avec vos amis et profitez de votre famille et enfin aidez les plus fragiles et regardez ce monde qui change avec une certaine distance mais avec intérêt et curiosité car il est nécessaire de s'adapter.

Bonne journée.

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 06:29

Mes amis s'amusent souvent de l'humour carabin que j'ai toujours gardé car j'ai été profondément marqué par les premières années de médecine.

Indiscutablement,faire des études de médecine change un homme (ou une femme)et je vais tenter de vous expliquer pourquoi ce fameux humour carabin se développe peu à peu chez ces étudiants là.En tout cas,c'était le cas AVANT et j'ai l'impression que cela a changé maintenant et que ce genre d'humour a tendance à disparaître.

Alors que se passe t-il , quand on avait 18 ou 19 ans,et que l'on mettait un pied à l'hôpital ? et bien il y avait,comme dans toutes les facs,un bizutage sévère (qui a tendance à disparaître) et je ne vous parle pas des organes sexuels au cirage assez classique et que j'avais déjà vécu en sixième,non,il y a plus pervers et l'étudiant a intérêt à se soumettre.Par exemple ,le garçon est en slip;torse nu,on lui met quelques noix dans le slip et l'étudiante doit,les yeux bandés,munie d'un casse noix,aller casser toutes les noix dans le slip du jeune homme.Indiscutablement cela banalise certaines parties du corps mais il y a beaucoup de jeux de ce type souvent encore plus pervers.

Mais ceci n'est pas propre aux étudiants en médecine et a tendance à disparaître ; il y a beaucoup plus spécifique des études médicales,c'est la dissection de cadavres qui n'existe plus non plus depuis longtemps mais que j'ai vécu.Je vous garantis que pour un jeune ,se retrouver dans une grande salle ,toute carrelée en blanc,avec quelques "paillasses" où sont allongés 4 ou 5 cadavres nus,c'est un choc,même pour les plus endurcis.On se doit alors de cacher notre émotion et notre répulsion en faisant le malin et en commençant à sortir des "vannes " horribles,en donnant des petits noms à chacun d'entre eux et en faisant souvent le malin pour se "blinder".Car on n'avait pas le choix,il fallait alors passer à la dissection et là ,je vous prie de croire que ce n'était pas comme avec une grenouille.C'est là que les étudiants se défoulaient le plus et souvent les organes sexuels étaient tranchés et brandis comme un trophée.Tout ceci n'existe plus depuis longtemps et c'est tant mieux mais ceci explique cela (au moins en partie) en effet la nouvelle génération de médecins n'a pas connu cela .

Ensuite,il y a la vie à l'internat(je parle bien sûr de l'internat de l'hôpital),avec concours de chansons paillardes,dessins graveleux peints sur les murs (je me souviens de l'internat de Châlons en Champagne ,magnifique,avec des murs ayant été décorés par des étudiants des Beaux arts mais très suggestifs) et un comportement et un parler crû permanent avec concours de vannes salaces.Les femmes de ménage avaient l'habitude et la direction les triait sur le volet pour qu'elles acceptent cet ambiance si particulière.Par contre ,je me souviens dans les dernières années , que cela avait tendance à disparaître.

Mais c'est surtout le dernier point qui modifie le caractère du carabin qui chante quand il a peur de la mort : quand on a 20 ans et que l'on est confronté à la mort en permanence,comment se défendre,comment se détendre ,pour ne pas sombrer dans la déprime ou la cancérophobie si ce n'est en bombant le torse avec gouaille et provocation.Mes souvenirs vont vers le service de neurochirurgie où je suis resté 6 mois et je me souviens surtout des enfants qui avaient des tumeurs cérébrales invasives,qui étaient attachants,et que je savais condamnés ;de plus,à cette époque,la neurochirurgie était très faible et l'intervention se passait souvent très mal ; imaginez ma tristesse qand on voit un enfant partir au bloc opératoire,avec qui on a souvent passé plusieurs jours ou semaines en riant,en faisant le fou,auquel on s'attache,et que l'on sait pertinemment que cela va mal se passer.C'est un crève coeur . Bien sûr , si la neurochirurgie a fait tant de progrès c'est grâce à toutes ces interventions "ratées" mais que cela a été dur pour le jeune homme que j'étais.

J'avais 20 ans ,j'étais déjà surveillant au lycée pour payer mes études mais ,en plus,pour avoir un peu plus d'argent,je gardais des comas ,la nuit.Imaginez une grande salle avec une quarantaine de personnes dans le coma, allongées et moi,seul toute la nuit ,pour aspirer ceux qui s'étouffent par encombrement,pour surveiller les perfusions et les changer etc..je vous garantis que c'est traumatisant et j'avoue avoir été traumatisé pendant quelques mois et même quelques années et encore aujourd'hjui,quand j'y pense,je sais combien cela a été difficile.Alors il n'y a que l'humour le lendemain,avec les copains et les copines,pour faire le malin,comme si la nuit était passée comme une lettre à la poste.Mais que cela a été difficile .

Si vous mettez toutes ces raisons bout à bout ,vous comprendrez sans doute la transformation presque obligatoire de tous les jeunes gens de l'époque.Je précise de l'époque car je pense avoir été dans les derniers à vivre ce genre d'aventure médicale.En effet,j'ai vu ensuite arriver à l'internat des étudiants en couples, sérieux,la dissection avait disparu,la médecine s'est cloisonnée,les gardes d'internes,que je faisais seul,sont maintenant très différentes.Alors que l'on était responsables de tout la nuit (médecine,chirurgie, pédiatrie,gynéco) maintenant,chaque spécialité a son interne de garde et l'angoisse est inférieure,car à l'époque,si ,nous avions réveiller le chirurgien par erreur,on se faisait pourrir pendant plusieurs jours devant tout le monde alors on réfléchissait à 2 fois avant de le réveiller et on essayait de résoudre TOUS les problèmes seuls avec les infirmières.Ceci était très ,très formateur mais ô combien stressant.Alors il fallait chanter des paillardes et participer aux concours de vannes pour montrer sa force,pour braver la mort et le cancer qui nous foutait la trouille ,et pour se prouver à soi-même que l'on n'avait pas peur.

Je termine en vous mettant un petit dessin humoristique mais ce nest pas de la fiction car en garde,javais eu le même genre de patient mais .... avec une boule de billard (pour les initiés,sans doute un "rétro" mal négocié !!)

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 14:34

Et oui,après vous avoir abandonné quelques semaines pour cause de "relaxation",de petits enfants et de visites de la famille et des copains,je reviens vers vous avec quelques états d'âme sur la rentrée.

Pour le gamin que j'étais,la rentrée était synonyme de joie car j'avais mes copains (et dieu sait si les copains sont importants pour un gamin) ; au lycée où j'étais pensionnaire avec retour tous les 15 jours at home (tous les mois en cas de "colle"),cela était nettement moins bien car les pions étaient horribles et les "grands" nous bizutaient avec quelques sévices dont ils avaient le secret et qu'il m'est difficile de raconter ici.Après le Bac ,en Fac,c'était plus cool,même si je rentrais car j'étais aussi devenu pion (rassurez-vous,j'étais sympa mais respecté);on rentrait en octobre et c'est à ce moment là vraiment que j'ai eu le goût de la liberté car rien n'était obligatoire (et c'était le piège pour certains) si ce n'est l'hôpital qui était un grand plaisir.

Puis ce fut l'activité professionnelle et j'avoue que j'avais toujours beaucoup de plaisir à retrouver mes patients ,même si les premiers jours étaient trop surbookés.

Alors parlons de la rentrée : les rentrées sont autant de rites de passage, de points de rupture symboliques permettant à nos enfants et petits enfants de gagner en maturité et autonomie.Les vacances sont d'abord et avant tout un relâchement des exigences avec une sensation de liberté,une période où l'on s'accorde quelques "coups de canif" dans le budget,mais aussi dans l'habillement et quelquefois dans le régime.C'est la période du rêve.

Et puis , tout à coup,il faut reprendre ses habitudes,se lever tôt,travailler,courrir partout et là,on a tendance à comparer avec la période des vacances qui vient de se terminer et cela induit de la nostalgie au mieux et du stress et de l'angoisse au pire (pour les adultes comme pour les enfants).La rentrée peut signifier pour certains la fin d'une période heureuse où l’on a choisi l’endroit où l’on avait envie d’être, les gens que l'on avait envie de rencontrer. Il y a donc un petit deuil à faire.Et puis la rentrée peut,comme le premier janvier,être une période de remise en question,de nouveau départ (c'est le cas des enfants qui chaque année changent de classe)

Alors que faire ?

Pour ma part,la journée de voyage pour rentrer chez moi qui était souvent de plusieurs heures,était toujours pour moi le moment de faire des projets;toutes sortes de projets : dans mon jardin,dans ma maison,dans mon travail , avec de bonnes résolutions,mais aussi des projets pour les futures vacances ce qui me permettait de prolonger le rêve un peu plus longtemps:un raid en vélo,à pied,en montagne..... mon imagination a toujours été dans ce cas débordante.

Alors mes amis,ne vous inquiétez pas,le temps des vacances reviendra et le retour sur terre est quelquefois difficile mais ô combien précieux puisque pour avoir des vacances il faut avoir un travail et par les temps qui courrent.....

Je vous joins quelques photos de mes souvenirs de vacances(en haut du vVentoux et du col de la Bonnette avec les potes,avec les chicoufs et en planeur)...et vive la rentrée!!

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 17:53

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Je ne sais pas si pour vous c'est la même chose mais Marilyn Monroe m'a toujours un pau laissé l'impression d'avoir été une petite "gourde" , pas méchante,dans le genre "sois belle et tais-toi" !!!! c'est en tout cas la réputation qu'elle a laissé mais peut être est-ce le machisme qui a laissé cette impression. 

Elle est décédée le 5 août 1962(il y a aujourd'hui 52 ans),j'avais 16 ans et je m'en souviens encore.

Ce n'est pas l'anniversaire de sa mort qui me fait écrire cette chronique mais le fait que  je viens de lire la dernière lettre qu'elle a adressé à son psychaitre alors qu'elle avait été internée,peu avant son suicide (ou son crime camouflé,selon les versions) et je suis étonné par son écriture,sa lucidité,sa candeur,quelques fois sa poésie enfin tout ce qui ,pour moi,ne représentait pas Marilyn.

Dans cette lettre apparaît la soufrance psychologique à l'état pur d'une femme qui aurait pu être n'importe quelle femme,mais c'est Marilyn,la plus grande icône du XXième siècle.Elle aurait 88 ans aujourd'hui !!

Si vous avez un peu de temps et de patience,prenez le temps de llire cette dernière lettre d'une femme désespérée,au bord du gouffre,en imaginant la misère des hôpitaux psychiatriques de l'époque (comme beaucoup encore d'aujourd'hui malheureusement)

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Cher Docteur Greenson,

(J'ai demandé à May Reis [l'assistante personnelle de Marilyn Monroe] de taper ceci car mon écriture n'est pas clairement lisible, mais j'ai aussi inclus ces notes et vous verrez ce que je veux dire.)

M.M.

J’ai regardé à l’instant par la fenêtre de l'hôpital, et désormais, là où la neige avait tout recouvert, tout est un peu vert : l'herbe et les minables buissons, ceux qui ne perdent pas leurs feuilles (même si les arbres ne sont pas très encourageants), les branches nues et lugubres annoncent peut-être le printemps et sont peut-être un signe d’espoir.

Avez-vous vu Les Désaxés ? Dans l'une des scènes, vous pouvez voir à quel point un arbre peut m’apparaître étrange et nu. Je ne sais pas si ça apparaît vraiment à l'écran… Je n'aime pas la façon dont certaines scènes ont été montées. Depuis que j’ai commencé à écrire cette lettre, quatre larmes silencieuses ont coulé. Je ne sais pas vraiment pourquoi.

La nuit dernière, je suis encore restée éveillée toute la nuit. Parfois je me demande à quoi sert le temps de la nuit. Pour moi, il n’existe presque pas, et tout me semble n’être qu'un long et affreux jour sans fin. Enfin, j’ai essayé de profiter de mon insomnie pour être constructive et j'ai commencé à lire la correspondance de Sigmund Freud. En ouvrant le livre pour la première fois, j’ai vu la photographie de Freud et j’ai éclaté en sanglots : il avait l'air très déprimé (cette photo a dû être prise peu de temps avant sa mort), comme s'il était mort en homme désabusé… Mais le Dr Kris m'a dit qu'il souffrait énormément physiquement, ce que j’avais appris dans le livre de Jones. Mais je pense avoir raison aussi, je fais confiance à mon intuition car je sens une triste lassitude sur son doux visage. Le livre prouve (même si je ne suis pas sûre que l'on doive publier les lettres d'amour de quelqu'un) qu'il était loin d'être coincé ! J'aime son humour doux et un peu triste, son esprit combatif qui ne l’a jamais quitté. Je suis pas encore allée très loin dans la lecture car je lis l’autobiographie de Sean O’Casey en même temps (vous ai-je déjà raconté qu’il m’a un jour envoyé un poème ?). Ce livre me dérange beaucoup, enfin, dans la mesure où l'on peut être dérangé par ce genre de choses.

Il n'y avait aucune empathie à la clinique Paine Whitney, et cela m'a fait beaucoup de mal. On m'a interrogée après m’avoir mise dans une cellule (une vraie cellule en béton et tout) pour personnes vraiment dérangées, les grands dépressifs, (sauf que j'avais l'impression d'être dans une sorte de prison pour un crime que je n'avais pas commis). J'ai trouvé ce manque d'humanité plus que barbare. On m'a demandé pourquoi je n'étais pas bien ici (tout était fermé à clefs : des choses comme les lampes électriques, les tiroirs, les toilettes, les placards, il y avait des barreaux aux fenêtres… les portes des cellules étaient percées de fenêtres pour que les patients soient toujours visibles, on pouvait voir sur les murs des traces de la violence des patients précédents).

J’ai répondu : « Eh bien, il faudrait que je sois cinglée pour me plaire ici. » Puis des femmes se sont mises à crier dans leur cellule, enfin j’imagine qu’elles hurlaient parce que la vie leur était insupportable… Dans ces moments-là, je me disais qu'un psychiatre digne de ce nom aurait dû leur parler. Pour alléger leur misère et leur peine, ne serait-ce que temporairement. Je pense qu’ils (les médecins) pourraient même apprendre quelque chose... Mais ils ne sont intéressés que par ce qu'ils ont étudié dans les livres. J’étais surprise parce qu’ils savaient déjà tout ça. Peut-être qu'ils pourraient en apprendre davantage en écoutant des êtres humains vivants et en souffrance. J'ai le sentiment qu'ils se soucient plus de leur discipline et qu’ils laissent tomber leurs patients après les avoir fait « plier ». Ils m’ont demandé de me mêler aux autres patients, d'aller en thérapie de groupe. « Et pour quoi faire ? » ai-je demandé. « Vous pourriez coudre, jouer aux dames, ou même aux cartes, ou encore tricoter. » J’ai essayé de leur expliquer que le jour où moi je ferais cela, ils auraient vraiment une cinglée sur les bras. Ce sont vraiment les dernières choses que j’avais à l’esprit. Ils m'ont demandé si je me sentais « différente » (des autres patients je suppose) et je me suis dit que s'ils étaient assez stupides pour me poser de telles questions, je devais leur donner une réponse toute simple, aussi ai-je dit : « Oui, je le suis ».

Le premier jour, j’ai effectivement rencontré une autre patiente. Elle m'a demandé pourquoi j'étais si triste et m'a suggéré d’appeler un ami pour peut-être me sentir moins seule. Je lui ai répondu qu'on m'avait dit qu'il n'y avait pas de téléphone à cet étage. A propos des étages, ils sont tous verrouillés : personne ne peut ni entrer ni sortir ; elle a paru choquée et surprise et elle m'a dit : « Je vais vous conduire au téléphone ». En attendant mon tour pour le téléphone, j'ai remarqué un garde (je l’ai reconnu à son uniforme gris) et quand j'ai voulu décrocher le combiné, il me l'a arraché des mains et m’a dit très fermement : « Vous, vous ne pouvez pas utiliser le téléphone. » D’ailleurs, ils se vantent de leur ambiance « comme à la maison ». Je leur ai demandé (aux médecins) ce qu’ils entendaient par là. Ils m’ont répondu : « Eh bien, au sixième étage, nous avons de la moquette au sol et du mobilier moderne », ce à quoi j’ai répondu : « Eh bien, c’est le genre de chose que n’importe quel architecte d’intérieur peut fournir, à conditions d’avoir les fonds nécessaires », mais puisqu’ils s’occupent d’êtres humains, pourquoi ne réalisent-ils pas ce qui rend un intérieur plus humain ?

La fille qui m'a parlé du téléphone avait l'air tellement vague et pathétique. Après l'incident avec le garde, elle m'a dit : « J’ignorais qu’ils feraient cela ». Puis elle a ajouté : « Je suis ici en raison de mes troubles mentaux … Je me suis ouvert la gorge plusieurs fois et les veines aussi », elle a dit l’avoir fait trois ou quatre fois. La seule chose que j’avais à l’esprit en l’écoutant c’est un refrain :

« Mêlez-vous les uns aux autres mes frères

Sauf si vous êtes nés solitaires »

Enfin, les hommes cherchent à atteindre la lune mais ils n’ont pas l’air très intéressés pas le cœur qui bat de l’être humain. Quand bien même on pourrait changer, on peut ne pas le vouloir. A propos, c'était le thème des Désaxés, mais personne ne s'en est rendu compte. J’imagine que c’est sans doute à cause des modifications du script et des changements imposés par la mise en scène….

ECRIT PLUS TARD :

Je sais que je ne serai jamais heureuse, mais je peux être gaie ! Vous vous rappelez que Kazan prétendait que j'étais la fille la plus gaie qu'il ait jamais connu, et croyez-moi il en a connu beaucoup ! Mais il m'a aimée pendant un an et, une nuit où j'étais très angoissée, il m'a bercée jusqu'à ce que je m'endorme. Il m'avait aussi conseillé de faire une analyse et plus tard il a voulu que je travaille avec son professeur, Lee Strasberg. Est-ce Milton qui a écrit : « Les gens heureux ne sont jamais nés. » ? Je connais au moins deux psychiatres qui cherchent une approche plus positive des choses.

CE MATIN,

Cette fois encore, je n'ai pas dormi de la nuit. J’ai oublié de vous dire quelque chose hier. Quand on m'a mise dans la première chambre, au sixième étage, on ne m'a pas dit qu’il s’agissait d’une section psychiatrique. Le Dr Kris m'a affirmé qu'elle passerait me voir le lendemain. L’infirmière est entrée, après que le docteur (un psychiatre) m’a fait un examen médical y compris un examen des seins pour s'assurer que je n'avais pas de grosseur mammaire. J'ai protesté, mais sans violence, en expliquant que le médecin qui m'avait fait entrer, un imbécile du nom de Lipkin, m'avait fait subir un check-up complet il y a moins d’un mois. Mais quand l'infirmière est entrée, j'ai remarqué qu'il n'y avait aucun moyen de l'appeler, même pas de sonnettes. J'ai demandé des explications et elle m'a appris que j'étais dans une section psychiatrique. Après son départ, je me suis habillée et c'est là que, dans l’entrée, j'ai rencontré la fille pour le téléphone. J'étais en train d'attendre devant la porte de l'ascenseur qui ressemble à toutes les autres portes avec une poignée mais sans les numéros (vous voyez, on les a tous retirés). Après que la fille m'a parlé de ce qu'elle s'était infligée à elle-même, je suis retournée dans ma chambre en sachant qu'on m'avait menti pour le téléphone et je me suis assise sur le lit en pensant à ce que je ferais dans cette situation à un cours d’improvisation théâtrale. Alors je me suis dit, on ne graisse pas une roue tant qu'elle ne grince pas. Je reconnais que j'ai poussé la métaphore un peu loin, mais j’ai piqué cette idée dans Troublez-moi ce soir, un film dans lequel j'ai tourné il y a longtemps.

J'ai pris une chaise pas trop lourde et je l'ai balancée volontairement contre la vitre, ça n’était pas facile parce que je n'ai jamais rien cassé de ma vie. J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour obtenir un petit morceau de verre brisé ; ensuite, j’ai caché le bout de verre dans ma main et je me suis assise tranquillement sur le lit en attendant qu’ils arrivent. Ils sont arrivés et je leur ai dit que s'ils me traitaient comme une folle, j’agirais comme une folle. J'avoue que la suite est grotesque, mais je l’ai vraiment fait dans le film, sauf que c'était avec une lame de rasoir. J'ai leur ai fait comprendre que j'allais me taillader les veines s'ils ne me laissaient pas sortir – ce que je n’aurais jamais fait car comme vous le savez, Dr Greenson, je suis une actrice, et je ne m'infligerais jamais volontairement ni marque, ni blessure, je suis bien trop vaniteuse pour cela. Rappelez-vous, quand j’ai essayé d’en finir, j’ai fait cela très soigneusement avec dix comprimés de seconal et dix de tuonal que j’ai avalés avec soulagement (c’est du moins ce que je ressentais sur le moment). Je n'ai pas voulu coopérer avec eux car je ne pouvais pas approuver leur façon de faire. Ils m’ont demandé de venir gentiment mais j’ai refusé de bouger et je suis restée sur le lit. Alors, ils s’y sont mis à quatre, deux hommes et deux femmes très costauds pour me transporter à l'étage supérieur. Je dois admettre qu’ils ont eu la décence de me porter avec la tête tournée vers le sol. Au moins, voyez-vous, je n’avais pas le visage découvert. J'ai juste pleuré silencieusement tout le long du chemin et on m'a enfermée dans la cellule dont je vous ai parlé et la grosse vache, une de celles qui m’avaient transportée dans la chambre, m'a ordonné de prendre un bain. Je lui ai expliqué que je venais d'en prendre un et elle m'a dit d’un ton sans réplique : « Dès que vous changez d’étage, vous devez prendre un bain ». Le directeur de l’établissement, qui ressemblait à un principal de collège, même si le Dr Kris l'appelle « administrateur », m'a interrogée en se prenant pour un analyste. Il m’a dit que j'étais une fille très très malade et que j’étais comme ça depuis des années. Cet homme méprise ses patients et je vous dirai pourquoi dans un moment. Il m’a demandé comment je pouvais réussir à travailler dans un état aussi dépressif. Il voulait savoir si cela avait des conséquences sur mon jeu et il m’a posé cette question sur un ton assuré et définitif. En fait, il présentait cela comme un fait plutôt qu’une possibilité, aussi lui ai-je fait remarquer que Greta Garbo et Charlie Chaplin et peut-être aussi Ingrid Bergman avaient parfois travaillé alors qu’ils étaient en dépression. Je lui ai d’ailleurs dit que cela était aussi stupide que d’affirmer qu'un joueur de baseball comme Di Maggio ne pouvait pas frapper une balle lorsqu’il était déprimé. C’est absolument ridicule. Merci de m'avoir écoutée un moment.

Marilyn M.

PS : Lorsque je prononçais le nom d’une certaine personne vous aviez l’habitude de lisser votre moustache et de regarder le plafond. Vous savez de qui je parle n’est-ce-pas ? Il a été pour moi (en secret) un très tendre ami. Je sais que vous n’allez pas me croire mais vous devez faire confiance à mon intuition. C’était un genre de brève passade. Je n’avais jamais connu ça avant mais maintenant c’est fait. Il est très attentionné au lit.

Je n’ai aucune nouvelle d’Yves, mais cela m’est égal car j’en garde un souvenir tellement fort, tendre et merveilleux. Je suis presque en larmes...

marilyn-monroe-dead-pics.jpg

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 23:00

Nous sommes tous de plus en plus consternés par l'amoralité politique ambiante venant de tous les bords politiques,gauche,droite ainsi que les extrêmes.Le train de vie de l'état de gauche comme avant de droite nous concocte des gens déconnectés de la vie des Français.Tous ces gens ne savent pas ce qu'est de dépenser son argent et uniquement sont argent,car ils se contentent de dépenser votre argent.Rares sont ceux qui ont travaillé en dehors de la politique et qui vivent donc "à côté de leurs pompes".

Regardez cette vidéo d'un politologue jusqu'au bout et vous comprendrez encore mieux:

 

                                                            Avez-vous regardé les déclarations de patrimoine de tous ces hommes politiques ? mon propos n'est pas de stigmatiser ceux qui gagnent de l'argent mais de vous montrer comment tous ces messieurs ont écrit de façon illisible,sans doute de façon volontaire,pour que vous ne puissiez pas lire.J'ai vu que certains étaient , non seulement des cumulards sévères ,mais trouvaient aussi le moyen de toucher 100 000€ en tenant des cabinets d'avocats(et oui,ils deviennent d'office avocats sans passer par la case études) ou de finances   alors que j'ai personnellement du mal à avoir du temps pour gérer une petite commune de 700 habitants de Provence en étant Maire.Comment font-ils ? et bien ils font travailler des technocrates qui ne connaissent rien,mais alors vraiment rien à la vie de nos compatriotes.
Regardez leur patrimoine ici(si vous arrivez à lire leurs pâtés) :
http://www.hatvp.fr/consulter-les-declarations-rechercher.html     
                                                     

Alors ,ces hommes politiques ,qui ne visent que leur réélection,attirent un peu à droite ou un peu à gauche avec quelques idées,non pas pour la France et les Français , mais pour récupérer quelques voix qui tomberont dans leur escarcelle.C'est l'unique but tactique d'un bon homme politique digne de ce nom.

Je voudrai simplement vous transmettre un extrait d'un éditorial de Jacques Julliard qui,à mon avis,résume très bien la situation politique française,de quelque bord que l'on soit:

"La vérité est simple : la gauche a perdu l'estime du peuple français.La droite aussi d'ailleurs.La crise actuelle est d'abord une crise de moralité publique.S'imaginer que l'on va résoudre le problème en se positionnant un peu plus à gauche ou un peu plus à droite,c'est se complaire dans le crétinisme politicien.Ce n'est pas plus à gauche ni plus à droite qu'il faut être,mais plus haut ! Et là,il n'y a plus personne."

Voilà , je pense que tout est résumé dans cette phrase;je ne fais pas "du tous pourris" , mais plutôt du "tous à côté de la réalité" ; il y a tant de choses simples à faire pour relancer notre beau pays ,par des réformes peu coûteuses,mais les technocrates ont le don de complexifier tout ce qui pourrait être si facile à faire.

Quel gâchis!!!!!!

 

En prime je vous met une parodie de Pierre Perret qui achève notre si beau pays qui mérite beaucoup mieux.

Bon dimanche quand même mais je ne sais pas s'il vaut mieux en rire ou en pleurer.

 

                            

La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.

                          Paul Valéry

 

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 06:04

Vous avez sans doute comme moi été surpris par l'engouement des SMS.

Quand j'étais petit(et oui,cela m'est arrivé) on allait chez les copains sans prévenir,on y mangeait,on rentrait n'importe quand et les parents n'étaient pas inquiets.Maintenant , si vous alllez chez quelqu'un,qui que ce soit,il faut téléphoner avant pour prévenir ou mieux envoyer un SMS.Car maintenant,on ne se téléphone plus,on envoie des SMS pour tout et n'importe quoi.Je trouvais très agréable d'avoir un pote au téléphone et échanger quelques minutes et plaisanter.Maintenant on reçoit in SMS avec 4 mots qui me font souvent sauter en l'air par l'orthographe qui,même si tout le monde dit que les enfants ont 2 manières d'écrire dans leur tête,laissera des traces dans l'écriture de notre belle langue,massacrée désormais en permanence

Alors j'ai imaginé une consultation de l'an 2020 que j'aurai pu avoir avec un de mes petits patients (que j'adore sur Facebook où ils sont devenus tous mes amis après 10 ans d'absence) ,conversation téléphonique qui sera officielle dans quelques années et rémunérée pour le médecin,car les campagnes se désertifient et les médecins aussi.Voici ce que cela pourrait donner:

-Doc,sui pa bien

-tu as de la fièvre ?

-pa de therm,g mal o do

-tu as mal à la gorge? la gorge rouge ?

-c pas bo

-tu as mal à la tête ?

-par tou (hihi)

-prend de l'ibuprofène 200,3 fois par jour,au milieu des repas

-g pa

-alors prend du doliprane

-OK et ma cop's

-attend qu'elle soit malade

-mé on se kiss car on's kiffe

-fais attention

-bye doc

-au revoir Bastien

Voilà donc une consultation téléphonique qui aura sans doute lieu dans quelques années par SMS.Certes je me souviens de toutes mes abréviations de mes études de médecine (bcp de mdct signifiait beaucoup de médicaments) mais là,maintenant,on écrit en phonétique.

Certains vont me traiter d'arrière gardiste mais notre langue française peut être petit à petit oubliée définivement et on voit déjà des technocrates qui préconisent de simplifier le Français et pour ma part,je pense que c'est un nivellement par le bas.

Tous ceux qui sont adeptes des SMS devraient se pencher sur le codage HTLM qui va devenir ,à la place des maths et du Français,ce qui va séparer la société:ceux qui suaront coder seront les "dominants" et ceux qui ne font qu'utiliser l'informatique,sans coder,seront les "dominés" car ils seront limités par l'utilisation des inventions des premiers et seront soumis ; tous les prévisionnistes sont d'accord sur ce point.N'oublions pas que personne n'imagine ce que sera la société dans quelques dizaines d'années avec la robotisation à outrance qui va complétement changer notre société.

Je termine en vous conseillant de regarder Tweeter et de vous abonner à Bernard Pivot pour regarder ses Tweets qui sont toujours une très belle phrase,concentrée en 140 lettres ; un exemple,le dernier tweet de Bernard : "A midi pile, les deux aiguilles des montres et des horloges s'embrassent ; à minuit, itou. Le temps et ses rendez-vous d'amour." ou encore celui-ci qui m'a beaucoup amusé ce jour de grand départ en vacances: ""On descend dans le midi", expression de vacances qui s'emploie aussi pour évoquer les hommes abattus à Marseille."

Cela c'est du "bo "Français !!!!!

 

Dans une langue que nous savons,nous avons substitué à l'opacité des sons la transparence des idées.

                     Marcel Proust

 

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 06:14

Vous savez que j'adore les biographies car j'aime comprendre comment s'est construit une vie.

Tout le monde ou presque a lu" le petit prince" d'Antoine de Saint Exupéry.Le 31 juillet 1944 il se scratchait en avion au large de Marseille ; cela fait 70 ans exactement.

Mais qui était vraiment Saint Ex , comme on l'appellait alors ? (né en 1900)

Malgré la perte de son père très jeune,écrasé par un train,il vit une enfance heureuse et en 1912 au cours de vacances il devient passionné d'aviation et fait son premier baptême de l'air .Il écrira ces lignes:

Les ailes frémissaient sous le souffle du soir
Le moteur de son chant berçait l'âme endormie
Le soleil nous frôlait de sa couleur pâle.

En 1921,il passe son brevet de pilote à ses frais et a ensuite la réputation d'être distrait,oubliant de rentrer son train d'atterissage ou d'oublier de se connecter à la tour de contrôle,se perdant dans l'immensité du ciel,ce qui lui valut le surnom de "pique la lune" aussi dû à son nez en trompette.
En 1922 il est affecté à Istres puis Csablanca,il dessine beaucoup,et en 23 il a son premier accident d'avion et il est démobilisé.
Après sa rupture avec Louise de Vilmorin,il commence à écrire beaucoup mais surtout il devient directeur de Latécoère (ancêtre de l'aérospatiale) et sa carrière de pilote débute.Il rencontre Jean Mermoz et Guillaumet devient  convoyeur de courrier pour le Maroc et écrit son premier grand bouquin:"courrier sud" où transparaissent ses émotions de pilote face au désert.
En 29,il fait l'Amérique du sud et la Patagonie,ce qui lui inspirera ce merveilleux livre : "Vol de nuit" et se mariera avec une Salvadorienne ,écrivain elle aussi.
En 32,Latécoère disparait et il devient pilote d'essai,puis c'est la période Vietnam ,reporter à Paris Soir,et en tentant un raid Paris Saïgon il est obligé de se poser en catastrophe dans le désert Lybien et Egyptien où il erre sans eau ni vivre et est sauvé in extrémis.
En 36 ,la guerre d'Espagne lui inspirera "Terre des hommes".
En 39 il est criblé de balles par les Allemands mais retourne à sa base,ce qui lui vaut la croix de guerre.
Mais ensuite sa vie se complique car il est considéré comme Pétainiste et il y a confrontation avec De Gaulle ,même si Saint Ex appelle à le suivre pour une réconciliation.L'ouverture des archives américaines montrent que les USA auraient aimé pousser Saint Ex plutôt que De Gaulle ?? car il a été très important dans la rentrée des américains dans la guerre.Son passage au Canada en 42 donnera 2 livres : Pilote de guerre" et surtout "Le petit Prince",conte poétique
En 43 et 44 ,bien que pilote médiocre il réussit au Maroc puis à Alger à continuer de travailler pour l'armée et le 31 juillet 1944,il y a tout juste 70 ans,il part de Corse pour aller faire une mission de cartographie du Rhône et de la Provence,avec 6 heures de carburant ; il disparait alors au large des côtes de Marseille.
Le mystère Saint Ex commence alors puisque beaucoup d'hypothèses sur sa mort ont été développées: un allemand affirme l'avoir abbatu,une femme assure avoir vu l'avion abbatu et un corps aurait été rejeté par la mer et enterré anonymement on ne sait où.Enfin , en 1988 sa gourmette est remontée de la mer par un plongeur et en 2000 ,les restes de son avion sont retrouvés.
En 2008 un ancien pilote allemand qui dit l'avoir abbatu dira:"si j'avais su qui était dans l'avion,je n'aurai pas tiré"
Alors que retenir de cet écrivain,pilote,artiste,Pétainiste peut être, comme le dit Revel dans un panphlet où il le traite de crétin volant?
Je ne retiendrai que les remarques de Martin Heidegger, un autre philosophe dont l'opinion vaut bien celle de Revel, ne s'y est pas trompé en écrivant sur la couverture de l'édition allemande du Petit Prince de 1949 : "Ce n'est pas un livre pour enfants, c'est le message d'un grand poète qui soulage de toute solitude et par lequel nous sommes amenés à la compréhension des grands mystères de ce monde." Est-ce là la marque d'un écrivain surfait?
Enfin ,tout à fait autre chose,bien que nous sommes toujours dans la guerre,je n'oublie pas qu'aujourd'hui Premier Août il y a 100 ans,le tocsin a sonné dans toutes les communes de France ,pour la mobilisation générale : la guerre 14/18 débutait et ma naissance près du Chemin des Dames,mes jeux d'enfants dans les trous d'obus et dans ce qui restait comme tranchées,la collection de culots d'obus ciselés par mon cher père,tout cela me sensibilise à cette guerre qui a fait 20 millions de morts en Europe (10 pour les militaires et 10 pour les civils) et cela on ne peut l'oublier mais j'y reviendrai.

L'art de la guerre est l'art de détruire les hommes, comme l'art de la politique est l'art de les tromper.

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Ma citation

De mes erreurs de jeunesse,ce qui me contrarie le plus n'est pas de les avoir commises mais de ne plus pouvoir les refaire

Philosophie personnelle

Que la dérision nous apporte la légéreté,la modestie et la réflexion sur le sens de notre vie.
                                Juju