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Présentation

  • : Le blog d'un Picard en Luberon
  • : Le blog du grand!!!Cela fait maintenant 14 ans que vous me lisez assidûment et je vous en remercie. Mon but est de faire profiter mes amis des bons moments que je passe en Provence et dans mon activité de Maire,entouré d'une si belle nature ainsi que la rencontre d'amitiés très fortes.Vous avez droit à tous mes états d'âme sur mes lectures , spectacles expos,rencontres. Enfin tout ce que je pense!!!!!Mais avec humour,dérision et poésie.Ce blog a été créé pour donner de mes nouvelles à tous mes amis et tous mes patients de Picardie auxquels je reste très attaché et qui me le rendent bien en m'envoyant régulièrement des mots doux. De nouveaux articles paraissent très régulièrement.Il y en a maintenant plus de 1500. INSCRIVEZ VOUS A LA NEWSLETTER en donnant votre adresse mail à gauche du blog pour être prévenu automatiquement et de façon anonyme de la parution d'un nouvel article .Pour consulter tous les articles , cliquez sur "liste complète " à droite mais vous pouvez rechercher un sujet particulier dans la rubrique"rechercher"(à gauche) Pour voir les albums de photos à droite cliquez dessus et agrandissez les photos.
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Avant-propos

Les grincheux ,sectaires, conventionnels et intolérants n'ont pas accès à ce blog.
J'essaie en effet d'y retrouver l'amitié, la tolérance , la dérision , la confidence ,la poésie et l'amour de la nature.

Ceux qui m'acceptent tel que je suis sont les bienvenus.       

Voici des fruits , des fleurs , des feuilles et des branches,
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous ,
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux
                                                    Paul Verlaine

 

20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 08:12
Mon Mai 68

Vous allez être abreuvés de références à mai 68 qui fête son cinquantenaire dès maintenant puisque les événements ont débuté en mars.

Vous allez voir Cohn Bendit et cette image extraordinaire de ce jeune homme défiant un policier,tout un symbole.Vous allez manger du pavé,du flic,de la grève,des amphis,des usines fermées,des images du Général De Gaulle et sa "chienlit",des défilés et encore des défilés,des voitures brulées et des petits matins désolants.

Mais tout ceci a eu lieu surtout à Paris et la province a toujours été à la traîne,sauf pour la grève,l'occupation des facs,les réunions dans les amphis ,et bien sûr les défilés.Mais il y a eu peu de violence en province et en particulier à Reims où j'étais étudiant .

Je vais donc vous raconter mon Mai 68 ou plutôt notre Mai 68 J'avais presque 22 ans,j'étais un carabin,un étudiant en médecine,avec un statut un peu spécial puisque je travaillais,mes parents n'ayant pas les moyens d'assurer des études très onéreuses.J'étais pion d'internat au lycée Clémenceau à Reims,lycée où j'avais fait mes études secondaires et où je surveillais les dortoirs 3 nuits par semaine plus un week end complet par mois.Ce n'était pas mal payé mais très insuffisant pour financer une vie estudiantine normale,et entretenir ma 4L,bleue,qui m'a laissé tant de souvenirs.

J'avais donc un job complémentaire,je gardais des comas la nuit.Je me souviens de cette salle qui peut paraître inouïe de nos jours,une salle avec une quarantaine de comas en rangs d'oignons et je devais,seul,les aspirer,les bouger,les surveiller et vous imaginez facilement le côté dépresseur de ces nuits,d'autant que j'ai eu quelques décès mais aussi quelques sorties de coma.Bref,un job difficile psychologiquement.

Mai 68 est arrivé pour moi dans un contexte particulier.Alors que j'étais avec une Anglaise,lors du réveillon 67/68 organisé par la corpo Médecine/pharma,j'ai rencontré une petite blonde,étudiante en pharmacie,souriante et bienveillante ,avec qui j'allais traversé ,non seulement les événements de Mai 68 mais aussi toute ma vie.

Pour cette raison,vous vous doutez que mon Mai 68 fut un peu particulier.Nous filions le parfait amour depuis 3 mois quand les premières grèves apparurent à la fac.Dans un premier temps j'ai participé à ces réunions agitées et désordonnées mais qui amenaient une bouffée d'air pur dans un amphi habituellement dominé par un enseignement rigide,exercé par des mandarins pour qui nous étions de la "piétaille ",dont j'ai un mauvais souvenir car nous étions rabaissés et ridiculisés en public si nous avions le malheur de ne pas être des "lèche-culs" ou des "béni-oui-oui".

L'amphi s'agitait progressivement,les lycéens étaient en grève,les profs aussi,et je me suis ainsi vu libérer de mes obligations de maître d'internat comme on nous appelait à l'époque.Il me restait la fac dont le "bordel ambiant" m'a amusé au début puis beaucoup moins car ce que j'appelle "les dominateurs "menaient la danse et les agneaux suivaient,sans proposition utile.Bref,le "bordel" pour le "bordel" et j'ai ainsi déserté petit à petit la fac qui était devenue paralysée ainsi que les manifs que je ne comprenais plus pour m'intéresser de plus près,de beaucoup plus prés,à ma petite future pharmacienne,blonde comme les blés à qui j'ai proposé de nous mettre en congé de la société.

Nos examens étant reportés en septembre,nous avions un peu de temps devant nous avant de revenir à nos très chères études et nos révisions.Il me restait simplement mes gardes de comas que je continuais d'assurer un ou 2 jours par semaine,peu de personnes acceptant ce job très difficile ainsi que nos gardes hospitalières.

Ma 4L fut pour nous très importante.Elle a été un moyen de transport,un salon de discussion pendant des jours et des nuits,un moyen de logement quand nous allions à Ostende,en Belgique ou sur les dunes du Touquet ou encore le parc du Marquenterre.

Nous marchions pieds nus sur les plages et nous parlions,nous parlions,nous parlions. Aujourd'hui,j'avoue me demander tout ce qu'on avait à se dire pendant toutes ces heures passées à discuter et à refaire le monde,à refaire notre monde à nous.

C'était le printemps,les fleurs passionnaient (déjà) ma pharmacienne.Moi,je revenais,pendant l'été 67 d'un périple de 2 mois et demi autour des USA,avec un pote,en stop,sans argent,et j'avais des aventures à n'en plus finir à raconter.(j'ai un recueil de 120 pages ,écrit sur des nappes en papier ou tout ce que je trouvais pour écrire et je mettrai un jour ça en forme)

Nous lisions,nous écoutions beaucoup de musique ; nous étions dans notre période chanson française B B B ,c'est à dire , Brel,Brassens,Barbara,auxquels venaient s'ajouter Reggiani ,mais aussi bien entendu les Beatles et les Stones,et nos avis divergeant sur le type de Rock que nous aimions.

C'est ainsi que se passa les jours ,les semaines et les mois pour aboutir finalement à une constatation pure et dure:nous devions reprendre nos révisions car nous n'avions pas vu passer cette période et les examens se profilaient à l'horizon.

La fête était finie,les étudiants avaient repris le chemin des facs,les ouvriers ceux de leurs usines,les flics se reposaient et le Général respirait.Il nous restait des souvenirs.Comme pour le 11 septembre,toute cette génération se souvient de son mais 68.

Je vous fait profiter du mien,pas très glorieux,pas sur les barricades qui n'existaient pas ou peu en province mais ces souvenirs m'émeuvent en vous les racontant.Nous étions jeunes,nous avions la vie devant nous,nous allions ,Claudine et moi,vivre un demi-siècle de vie commune jusqu'à ce jour avec beaucoup d'aventures,de folies,de fêtes,d'amitiés et de bonheur.

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commentaires

anne-marie lagrive 20/03/2018 20:55

j'adore

Ma citation

De mes erreurs de jeunesse,ce qui me contrarie le plus n'est pas de les avoir commises mais de ne plus pouvoir les refaire

Philosophie personnelle

Que la dérision nous apporte la légéreté,la modestie et la réflexion sur le sens de notre vie.
                                Juju