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  • : Le blog d'un Picard en Luberon
  • Le blog d'un Picard en Luberon
  • : Le blog du grand!!!Cela fait maintenant 14 ans que vous me lisez assidûment et je vous en remercie. Mon but est de faire profiter mes amis des bons moments que je passe en Provence et dans mon activité de Maire,entouré d'une si belle nature ainsi que la rencontre d'amitiés très fortes.Vous avez droit à tous mes états d'âme sur mes lectures , spectacles expos,rencontres. Enfin tout ce que je pense!!!!!Mais avec humour,dérision et poésie.Ce blog a été créé pour donner de mes nouvelles à tous mes amis et tous mes patients de Picardie auxquels je reste très attaché et qui me le rendent bien en m'envoyant régulièrement des mots doux. De nouveaux articles paraissent très régulièrement.Il y en a maintenant plus de 1500. INSCRIVEZ VOUS A LA NEWSLETTER en donnant votre adresse mail à gauche du blog pour être prévenu automatiquement et de façon anonyme de la parution d'un nouvel article .Pour consulter tous les articles , cliquez sur "liste complète " à droite mais vous pouvez rechercher un sujet particulier dans la rubrique"rechercher"(à gauche) Pour voir les albums de photos à droite cliquez dessus et agrandissez les photos.
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Avant-propos

Les grincheux ,sectaires, conventionnels et intolérants n'ont pas accès à ce blog.
J'essaie en effet d'y retrouver l'amitié, la tolérance , la dérision , la confidence ,la poésie et l'amour de la nature.

Ceux qui m'acceptent tel que je suis sont les bienvenus.       

Voici des fruits , des fleurs , des feuilles et des branches,
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous ,
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux
                                                    Paul Verlaine

 

10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 22:26

Je viens de voir sur France 5 une émission sur le coma qui a réveillé chez moi des souvenirs douloureux.

J'étais jeune externe en médecine et pour financer mes études,outre mon poste de Maître d'Internat dans un lycée champenois,je faisais des gardes de nuit mais pas n'importe quelles gardes:je gardais des comas la nuit.

Je me souviens de cette grande salle commune froide ou une trentaine de lits étaient alignés et chacun d'eux avait un locataire.Je peux appeler cela un locataire car ces comas au long cours étaient dans ce dortoir souvent pour très très longtemps.

Ce passage de ma vie a laissé des traces et j'en suis sorti tout près de la déprime,par la tristesse que cette période a induite sur moi,ajoutant chaque nuit une angoisse difficile à contrôler.

Imaginez un gamin de 20 ans passer ses nuits seul à aspirer ceux qui s'étouffent,à faire du nursing c'est à dire changer les appuis pour éviter les escarres ,à hydrater les bouches sèches révéler souvent une odeur particulière,pas malodorante,mais très révélatrice de cet état particulier:le coma au long cours.Et n'oubliez pas que c'était l' époque des mandarins et je n'avais pas intérêt à appeler le patron sans raison exceptionnelle.

Je m'attachais à ces corps inertes,en particulier aux plus jeunes chez qui je guettais le moindre signe de retour parmi nous.J'en ai vu partir,la nuit,avec tout le protocole qu'un décès imposait mais j'en ai vu aussi sortir progressivement de cet état léthargique ce qui me procurait une excitation certaine avant le découragement qui ne manquait pas d'arriver après le décès du voisin.

Je ne connaissais aucun de ces patients,mais ils étaient MES malades.Je ne les ai jamais revus et j'avoue avoir été ensuite content de quitter ce milieu obscur,ténébreux et silencieux car personne n'y parle la nuit,même si tous ces corps dégagent des bruits que l'on essaie de décrypter tout au long de la nuit.

N'oubliez pas que nous étions dans les années 60 ,que les moyens de la neurochirurgie où je travaillais le jour étaient très limités:pas de scanner,pas d'IRM,seules les artériographies cérébrales pouvaient nous donner quelques indications mais c'étaient surtout les traits de fractures post traumatiques qui étaient les plus parlants.Car le recrutement venait surtout des accidents de la route,nombreux et meurtriers à cette époque (pas de ceinture de sécurité,pas d'airbags,une vitesse élevée sur des voitures peu sûres alimentaient ces dortoirs qui sentaient la mort)

C'est la seule fois de ma vie que j'ai quitté des malades avec soulagement car ma bonne humeur perpétuelle cédaient peu à peu à la morosité qui ne manquait pas de m'envahir chaque matin en sortant de mon dortoir et en laissant derrière moi des corps abîmés surmontés de cerveau entrés quelques fois définitivement dans l'ombre.

Je me disais souvent que j'avais la chance de sortir de cette pièce le matin,chance que ces pauvres êtres auraient aimé connaître mais ce sentiment ne rassure pas car il finit par culpabiliser.

Cet article n'est pas très gai et c'est un souvenir que j'ai souvent évité de raconter mais cette émission ne pouvait que le réanimer.

Je connais aussi très bien quelques personnes qui ont connu le coma et , pour finir sur un peu de bonne humeur,je me rappelle cet ami qui me racontait avoir littéralement changé de femme après que celle-ci ait connu quelques jours de coma.... et elle était mieux après ,disait-il ; comme quoi cela a quelques fois une certaine utilité !!!

Le coma :l'errance d'un voyage en équilibre sur la frontière de la vie

 

                             Jacky Guéret

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Published by sage alain
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Ma citation

De mes erreurs de jeunesse,ce qui me contrarie le plus n'est pas de les avoir commises mais de ne plus pouvoir les refaire

Philosophie personnelle

Que la dérision nous apporte la légéreté,la modestie et la réflexion sur le sens de notre vie.
                                Juju