Coucher de soleil hospitalier
Aprés la naissance de.ma petite fille et la première journée de sa future belle vie , un coucher de soleil magnifique est venu clore cette journée ensoleillée par le sourire d'un nouveau né et
éclairer le Luberon et la vallée de la Durance, laissant présager des jours lumineux à venir où ce bébé sera le centre de mon coeur.
Par sage alain
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8h et demi, le téléphone sonne, au bout du fil un CRI de bébé ; Mon fils m'annonce la naissance de ma petite fille ce matin, plus tôt que
prévu, toujours sans prénom , 3 kg. De quoi me rebooster le moral pour aujourd'hui qui s'annoçait morose. Merci aux enfants de nous donner la joie d'être grand parent!!!
Par sage alain
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Cela fait bientôt 6 semaines que je suis hospitalisé, allongé sur le dos strict la nuit et partagé entre le fauteuil roulant et la kiné le
jour.
J'avoue humblement que j'en ai raz le bol et que le blues me gagne petit à petit. La
réanimation m'a broyé mentalement et physiquement et mon corps encore sportif part en guenilles.
Mon objectif actuel est l'utilisation de béquilles si mes côtes et ma clavicule le permettent pour pouvoir acquérir une autonomie qui me
laisserait la liberté d'aller voir ma famille, mes amis et de retourner à la Mairie.
Vous savez, la gestion du temps perdu est difficile même avec la meilleure volonté. Il faut se
forcer pour lire, il faut se forcer pour écouter la télé, il faut se forcer pour écouter la radio, il faut se forcer pour écouter les conseils des visiteurs qui me disent tous gentiment que cela
va mieux que l'on va vers l'amélioration et que cela va aller. Bien sûr les visites me font du bien et me délient l'esprit et entretiennent mon sens
relationnel. Seules la Mairie et la naissance de ma petite fille programmée le 21 octobre me motivent.
J'essaie de progresser tous les jours, mentalement et physiquement mais que cela est lent pour quelqu'un comme moi qui avait l'habitude
d'être plutôt rapide et à l'esprit aiguisé. Ce coup de blues (car j'ai un véritable coup de blues) sera sans doute passager mais le fait de n'être
pas sûr de retrouver ma jambe complètement fonctionnelle va faire durer cet état précaire. Pour l'instant je suis comme un animal blessé qui se cache
pour guérir et non pas pour mourir!!!!!
Alors tous les jours je me botte les fesses pour avancer et redresser la tête Rassurez-vous, je connais de par mon expérience médicale ce
phénomène, et donc je gère au mieux mais que c'est long et difficile!!!!
Par sage alain
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Quand je suis rentré en sixième, j'étais pensionnaire et je ne retournais chez mes parents que tous les 15 jours. C'est de là qu'est venu mon
horreur du dimanche soir : tous les 15 jours je repartais au lycée par le bus dès 18h. Cela m'a marqué toute ma vie et comme celle-ci est un éternel recommencement je récidive à 63 ans.
En effet chaque vendredi maintenant je suis en permission chez moi, où je suis choyé et où je dors bien ; mais quand arrive 19h le dimanche
soir je dois retourner à l'hôpital et bien que ma raison sache que c'est nécessaire mon esprit ne suit pas et je retrouve la tristesse de mon enfance.
Je ne sais pas encore combien de temps cela va durer, sans doute 3 à 4 semaines, pour pouvoir sortir avec des béquilles qui vont me tenir
compagnie pendant quelques mois.
Vous voyez mes amis que l'on est toujours marqué par son enfance. Ce n'est pas de la psychologie de bazar mais la réalité qui marque.
Je n'ai pas la sensation d'avoir une fragilité particulière mais mon accident a été très révélateur.
Alors supprimons le dimanche soir !!!!!!!
Par sage alain
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Un petit pas pour l'homme,un grand pas pour moi!!
Voilà une photo qui me fait plaisir et me met du baume au cœur
Enfin je redeviens un bipède.Enfin pas tout à fait car je reste sur
une jambe
Je pense passer très vite au déambulateur puis aux béquilles et
retrouver mon village et ma maison
Certes le chemin est encore long mais je tiens le bon bout
Ma vie sociale va pouvoir recommencer ,la Mairie m'attend ,les copains
également
Je ne parle pas de mon épouse qui est souvent près de moi mais je
pense avec joie à ma petite fille qui va naître.
Enfin retrouver la fonctionnalité d'une de ses jambes,c'est déjà 50
pour cent de gagné
Je suis comme un bébé qui apprend à marcher mais gare à la chute de
mon mètre 90 !! Soyons prudent
Je pars. en perm .viva la casa !!!
Par sage alain
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J'ai été très étonné par la polémique déclenchée par le refus de cette équipe musulmane de jouer un match de foot contre le Paris foot gay.
Il y a peut être des homos dans l'équipe et je m'en fiche pas mal mais c'est avant tout une équipe qui lutte contre l'homophobie et c'est tout à son honneur. Et si les chrétiens ou autres boudhistes refusaient de jouer contre une équipe musulmane? Que ne dirait- on pas
?
De ma petite chambre d'hôpital tout cela me semble bien dérisoire.
Je me demande quelle serait la différence si les infirmières, les kinésithérapeutes, les aide-soignantes étaient gay ? Je m'en contre fiche
mais je suis prêt à parier que cela ne changerait rien à ma vie hospitalière.
La vie ne se résume pas à un acte sexuel quel qu'il soit mais à un acte d'amour !!!
Ce serait bien d'organiser un match avec des gays des musulmans des chrétiens des athées, des boudhistes, des hommes et des femmes : un match
de la fraternité qui ferait peut être avancer l'honneur de l'humain.
PS : je vous quitte car Venise est au programme des racines et des ailes qui me rappellera tant
de souvenirs de cette merveilleuse Italie visitée à moto
Par sage alain
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J'ai décidé de repasser à des sujets plus généraux et qui me tiennent à coeur, mais rassurez- vous je continuerai de vous informer de
l'évolution de mon corps étrangement fatigué, symptôme que je ne connaissais pas à ce jour.
Je voudrai revenir sur ce qui se passe à La Poste. Cela reste pour moi un service qui a accompagné toute ma vie. Je revois le facteur
de mon enfance avec son vieux vélo et sa sacoche.Je revois sa bonhommie ,sa serviabilité, ramenant les médicaments des personnes âgées, faisant les menues courses des personnes à mobilité
réduite. C'était un véritable service social. Il ramassait l'argent des impôts d'EDF ,il distribuait l'argent du livret d'épargne. C'était,avec le curé ,l'instituteur et le médecin le lien social
du village. Je me demande si l'on n'avait pas deux distributions par jour dans ma tendre enfance ???
Les grosses boites à lettres jaunes étaient un véritable repère dans la commune et elles étaient relevées plusieurs fois par jour.
Puis nous avons vu les vélos jaunes, déjà plus modernes avec des tournées plus longues et donc moins de temps à consacrer aux habitants. Aux
vélos succèdèrent les Mobs jaunes. Ce fut enfin les voitures toujours jaunes avec des tournées morcelées ,la valse des facteurs qui fait perdre leur repère aux personnes âgées.
Heureusement, j'ai gardé un facteur à Puget, ancienne génération qui discute , s'intéresse et rend service mais La Poste de mon enfance est déjà morte. Il serait dommage de l'achever. Il
faut au contraire revenir à un service de proximité si nous ne voulons pas voir nos campagnes se désertifier. La concurrence peut-elle être bénéfique ? J'en doute car quel intérêt aura le privé à
desservir nos campagnes reculées qui en feront les frais. Réfléchissons avant de modifier un système qui s'est déjà étiolé et qui doit être au contraire renforcé. C'est l'avenir de nos campagnes
qui est en jeu et je ne parle évidemment pas de privatisation.
Par sage alain
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Je suis étonné de voir comme c'est naturel pour tout le monde de marcher sur ses deux pieds. Rassurez-vous j'étais dans le même cas que vous
auparavant.
La nature est bien faite, en particulier nos deux chères jambes qui supportent allégrement nos excès de poids, nos danses endiablées, nos
footings et autres randos, tennis et VTT.
Aujourd'hui je les admire et j'ai l'impression de leur avoir manqué de respect.
C'est comme si j'avais cassé mon jouet préféré, ce jouet qui m'a porté et supporté 63 ans lors d'aventures que je ne regrette
nullement.
Un jouet de bonne qualité se répare indiscutablement mieux!! Encore faut-il y mettre du sien et l'aider et même l'accompagner dans cette
quête du renouveau.
Quoi de plus bête que de marcher, se déplacer, courir ? La verticalisation différencie l'homme de l'animal et tout le monde trouve cela
normal. Sauf quand un des deux membres perd la boule et sa fonction. Tout à coup c'est l'unilatéralité qui s'installe et l'accessoire devient indispensable : béquilles, fauteuil roulant,
déambulateur.
Je sens jour après jour (en faisant de petits essais) que mon jouet va se réparer, même si cela doit être long et jalonné de difficultés et
de découragements passagers. Tout cela pour vous retrouver toutes et tous au royaume des bipèdes et comme vous, après une mauvaise expérience,
trouver tout naturel de marcher, sauter et courir!!!!!!!!!!!
Par sage alain
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J'ai retrouvé ma chambre d'hôpital après un week-end de bonheur mais aussi de fatigue. Ce matin
le ciel est rouge : c'est magnifique. Je rêvasse dans mon lit à ma première gorgée de bière, à toutes les douceurs redécouvertes dans mon chez soi. J'ai retrouvé les dessins des enfants de l'école qui me donnent l'envie de retourner à la Mairie. Curieusement je
suis content d'être rentré à l'hôpital car je m'y sens en sécurité et j'y mets surtout mon espoir pour me rééduquer et remarcher normalement. C'est très étonnant car je suis quand même mieux chez
moi. Ici je suis là pour travailler et ma permission de 48h a mis en lumière mes déficits physiques extraordinaires. Je n'aurai jamais pensé auparavant que mon corps devienne aussi faible et dépendant. Alors au boulot pour 5 jours
puis les copains viendront me chercher. Et, la semaine prochaine je serai sans doute plus fort.
Par sage alain
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Les joies d'être chez soi
Voilà, cela fait deux jours que je suis dans mes murs. Mes copains sont venus me chercher à la maison de rééducation et me voilà parmi mes
meubles. Mon canapé me tend les bras et je me surprends par mon énergie à faire tous mes papiers en retard, assis de 8h à 13h:quel
progrès!!!!!
Mes côtes me laissent tranquille ainsi que mon pneumothorax .Il reste ma jambe qui progresse à grands pas mais qui va me demander encore 2à 3
mois
Pour l'instant je savoure mon chez moi
Ma douce épouse qui virevolte pour me rendre service car je reste dépendant, mes meubles douillets, mes tableaux, mes photos de famille, ma
musique, la vue sur mon jardin et Chou qui se baigne encore le 4 octobre. Tout cela me rend de l'énergie pour avancer à grands pas vers la guérison
et l'autonomie. C'est sans aucun doute la thérapie la plus efficace, le bonheur de l''esprit et du corps, c'est ce qui va contribuer à guérir mon genou explosé et à régénérer mon sang encore
déficitaire. Savourer le temps qui s'écoule lentement en regardant les nouveaux tableaux de ma fidèle compagne qu'elle a réalisés avec une nouvelle
technique qu 'elle maitrise bien. Entendre le ronron de la machine à pain qui va me régaler ce midi, apprécier le silence propice à la réflexion:
tout est délicieux dans ma situation et l 'immobilité forcée rend les sens en éveil et mon cerveau gambade. Curieusement j'oublie mes 8 jours de
souffrance en réanimation : c'est ma résilience instantanée qui se produit. J'ai toujours été comme cela :j e n'ai gardé de ma vie que les bons
souvenirs. Les mauvais se noient progressivement dans un brouillard impénétrable. Alors il va falloir rentrer pour travailler à remuscler ce corps
décharné pour être encore plus fort lors de la permission de vendredi prochain. Les joies d'être chez soi
Par sage alain
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C'est non sans une certaine émotion que j'ai quitté ma maison de rééducation pour venir chez moi. Nous avons fait un détour par la Mairie et
voir Roselyne et Nathalie mes deux secrétaires m'a submergé émotionnellement. Puis ce fut l'arrivée dans mes murs et instantanément j'ai repris
possession des lieux, dans mon intérieur douillet au milieu duquel j'ai eu le plaisir de retrouver ma délicieuse épouse. Les sanglots m'étranglaient
un peu et avec les copains, j'ai eu droit à ma première gorgée de bière comme l'évoque si bien Delerm dans son livre et je pense n'avoir jamais autant apprécié cette bière que j'ai dégustée
délicatement. Un bon repas, un bon film et enfin mon très grand lit me tendait les bras et j'ai dormi comme un bébé jusque 8 h du matin: un événement
pour moi. Depuis mon canapé je me pose cette question : faut-il avoir des misères pour apprécier les petites choses de la vie ? Essayez de me donner
votre avis ? Ne vit-on pas trop machinalement en passant à côté des petits bonheurs?
Pour moi être sur ses deux jambes est un but, un espoir alors que c'est si naturel dans la vie de tous ceux qui me rendent visite Il y a deux
mondes les bien portant et les autres et moi qui ai fait partie des premiers je ne me doutais pas du fossé qui sépare ces deux mondes Mon but est de rejoindre les bipèdes débout. Encore quelques
mois d'efforts et d'états d'âme et j'en serai!!!
En attendant je vais profiter de ce moment de détente de 48h qui m'est offert et que j'apprécie à sa très juste valeur.
Par sage alain
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Depuis deux jours, je ne tiens pas en place car je sais que je vais avoir une permission : départ ce jour après les séances de kiné et retour
dimanche soir: le bonheur!!
Je vais enfin revoir ma maison après un mois d'absence et l'émotion va être au rendez-vous. Les copains viennent me chercher avec mon
fauteuil roulant. Je viens enfin d'atteindre mon premier but.
Revoir mes oliviers, mes lavandes mon intérieur douillet mon grand lit.
Mais j'ai aussi des doutes sur ma faculté à tenir un weekend complet.
La vie est ainsi faite que l'on redoute ce que l'on souhaite ardemment. Je vous narrerai mon
week-end dès lundi avec les détails des joies et des émotions.
C'est en tout cas un très grand moment pour moi et j'ai peur d'être submergé par mes émotions que je ne pourrai cacher.
Par sage alain
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J'ai toujours été très satisfait de mes jambes et de leur habileté qui m'ont permis d'avoir moult activités physiques. Ce matin, en faisant ma toilette, je me suis mis naturellement sur ma jambe gauche valide et là ce fut le valdingue subit par mon côté droit déjà cassé de
partout!!
Ce fut un rude coup surtout moral : je suis très diminué physiquement et les poignées au mur me sont nécessaires. Je ne suis pas près de
jouer à la marelle avec les enfants de l'école. Ces enfants qui viennent de m'adresser par l'intermédiaire de leur institutrice une trentaine de dessins qui vont tapisser ma chambre. Je prends
cela comme un message d'amitié et de reconnaissance pour la construction de leur superbe école. Cela me fait chaud au cœur et m'encourage à guérir vite pour continuer les infrastructures et en
particulier le plateau sportif. Il est 5h et demi du matin et je me réjouis de pouvoir assister au lever de soleil. Le grand dessin des tout petits
illumine déjà ma chambre et je le regarde avec bonheur. Bon, fini les chutes, je suis échaudé et je dois faire un peu moins confiance à ces pattes
qui m'ont tant porté et qui me trahissent. Demain soir, grande nouvelle ,je vais en permission chez moi 48 h. je vous raconterai
l'émotion qui ne manquera pas de m'envahir. Dans tous les cas, il me faut être très prudent
!!!!!!
Par sage alain
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Je pense que mes journées vont mieux en dehors du fait que ma station debout prolongée reste impossible sous peine de malaise. Les douleurs
s'apaisent et ma journée est partagée entre la kiné un peu de fauteuil et les visites. Je n'oublie pas mon iPhone qui reste mon fidèle compagnon. Il
reste les nuits!!!
La télé reste sans intérêt pour moi et je n'arrive pas à m'évader dans de gros bouquins comme je le faisais autrefois. Lors la
nuit est longue même avec les somnifères qui restent sans effet sur moi. Bien sur je dors un peu par des micro-sommeils comme le font les
marins mais je n'ai pas mon lit à piloter ensuite qui reste désespérément immobile dans ma prison dorée qu'est ma belle chambre. Quelle est la
différence entre 5 minutes la nuit et 5 minutes le jour ?
Et bien environ 5 minutes, c'est là un phénomène psychologique intéressant. La solitude de la nuit pendant laquelle la douleur reprend le
dessus l'immobilité devient insupportable, l'attelle de jambe démange et empêche tout velléité de mouvement ,cette solitude pèse Cela n'affecte que peu mon moral mais me fait attendre le lever du
jour avec impatience. La nuit les pensées sont grises, non pas noires mais réalistes et un peu acides. Je fais des exercices de mémoire en repassant
en revue toutes les rues de mes villages de Picardie où j'ai exercé ma médecine et j'essaie de retrouver tous les noms et toutes les pathologies et drames et joies que j'y ai vécus. C'est un
exercice émotionnel mais captivant qui fait avancer mes nuits et permet de finir par somnoler avec un sourire de satisfaction fugace. J'ai compris
que l'esprit doit dominer le corps la nuit mais sans souci ni déprime. Ce sont des impressions de satisfaction qui doivent imprimer mon cortex pour
qu'il puisse s'apaiser. Bonne nuit à toutes et à tous !
Par sage alain
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C'est un spectacle qui tient de la cour des miracles (et j'en fais partie) que je côtoie deux fois par jour. Il y a les "tout cassé" comme moi qui m’interpellent : je me demande et devine très vite quelle est leur fracture. Je me surprends à guetter les même fractures
que mois en demandant la date de l'accident pour pouvoir me projeter dans l'avenir.je constate les progrès. J'interroge sur les douleurs résiduelles....
Et puis il y a les prothèses qui marchent très vite et me font envie (à quand la mienne du genou ?) Enfin il y a les accidents vasculaires
des personnes âgées qui semblent dans un autre monde. Tout ce monde discute, échange, plaisante et je n'ai pas remarqué de mauvaise humeur.
La vie est ainsi faite qu'il existe partout des micros sociétés qui essaient de s'en sortir ou de survivre. On ne les voient pas, ils souffrent en
silence et relativisent leur douleur par rapport à leur voisin. Je regarde les kinésithérapeutes qui prodiguent leurs conseils, travaillant muscle par muscle, avec un attirail impressionnant où
chaque mouvement demande un effort considérable au malade. Voilà, c'est dans cette société bancale que je passe le plus clair de mon temps.
Je travaille et j'observe mes camarades d'infortune et je me dis que l'on passe souvent en VTT près de ces bâtiments et que l'on ne soupçonne pas la
misère qui s'y cache. Certes c'est souvent un passage mais quelques mois c'est énorme dans la vie. Aujourd'hui c'était la saint Michel et l'on en a un de 80 ans alors c'était la fête !!!!!!!
Par sage alain
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